Première croisade (1096-1099) : dates, étapes et récit
Première croisade : dates et récit. Prêchée à Clermont en 1095, partie en 1096, elle prend Jérusalem le 15 juillet 1099 : Nicée, Dorylée, Antioche, Ascalon.
Mis à jour le 12 octobre 2026

En bref
Quand : du concile de Clermont (27 novembre 1095) à la bataille d'Ascalon (12 août 1099). Où : de la France à Jérusalem par la Hongrie, Constantinople, Nicée, l'Anatolie, Antioche et la côte syrienne. Qui : le pape Urbain II et son légat Adhémar de Monteil ; les princes Raymond de Saint-Gilles, Godefroy de Bouillon, Bohémond de Tarente, Robert de Normandie, Robert de Flandre, Étienne de Blois, Hugues de Vermandois ; l'empereur Alexis Comnène. En face, Kilij Arslan, sultan de Nicée, Kerbogha, atabeg de Mossoul, et les Fatimides d'Égypte. Issue : Nicée (juin 1097), Dorylée (1er juillet 1097), Antioche (juin 1098) et Jérusalem (15 juillet 1099) prises ; trois États latins fondés.
La première croisade se déroule de 1096 à 1099 : prêchée par le pape Urbain II à Clermont le 27 novembre 1095, partie en deux vagues au cours de l'année 1096, elle prend Jérusalem le vendredi 15 juillet 1099 et fonde les premiers États latins d'Orient. C'est la seule des huit croisades qui ait pleinement atteint son but : après Nicée, Dorylée et huit mois devant Antioche, le Saint-Sépulcre, tombeau du Christ, est rendu aux chrétiens après quatre siècles et demi. Sur les dizaines de milliers de pèlerins partis, moins d'un sur quatre voit la Ville sainte. C'est le premier chapitre — et le plus étonnant — de l'histoire que raconte notre guide complet des croisades.
Cet article est le pilier de la catégorie : il donne le fil de l'expédition, étape après étape, et renvoie vers les récits détaillés à mesure qu'ils paraissent.
Pourquoi 1095 ? Le monde avant l'appel#
Depuis 638, Jérusalem est en terre d'islam, mais le pèlerinage chrétien n'a jamais cessé. Ce qui change au XIe siècle, c'est l'arrivée des Turcs seldjoukides : vainqueurs de l'empereur byzantin à Manzikert en 1071, maîtres de Jérusalem en 1073, ils coupent les routes d'Anatolie et rendent le voyage vers le tombeau du Christ périlleux. En mars 1095, au concile de Plaisance, les ambassadeurs de l'empereur Alexis Comnène demandent au pape des soldats.
En Occident, tout est prêt pour entendre l'appel : la réforme grégorienne a donné à la papauté une voix qui porte dans toute la chrétienté ; la paix de Dieu a mis dans les esprits l'idée d'une chevalerie au service de la justice divine ; les récits des pèlerins ont fait de Jérusalem le centre du monde. Urbain II — Eudes de Châtillon, ancien prieur de Cluny — réunit ces fils en un seul geste.
Clermont, 27 novembre 1095 : l'appel#
Le concile de Clermont siège du 18 au 28 novembre 1095. Le 27, en plein champ hors des murs, le pape appelle la chevalerie à marcher au secours des chrétiens d'Orient et à délivrer Jérusalem, avec la promesse que le voyage, accompli « par dévotion seulement », sera compté pour toute pénitence. La foule crie Deus le volt. L'évêque du Puy, Adhémar de Monteil, prend la croix le premier ; le pape en fait son légat, chef spirituel de l'expédition. Le départ est fixé au 15 août 1096, fête de l'Assomption. Le récit détaillé : Clermont, 27 novembre 1095 : l'appel d'Urbain II ; et pour savoir précisément qui a lancé les croisades, du pape à l'empereur de Constantinople.
Urbain ne rentre pas à Rome : il prêche neuf mois durant, de Limoges à Nîmes, pendant que des prédicateurs relaient son appel bien au-delà de ce qu'il avait prévu. Il mourra le 29 juillet 1099, deux semaines après la prise de Jérusalem, sans en avoir reçu la nouvelle.
La croisade populaire : Pierre l'Ermite, la Rhénanie, Civetot (1096)#
Le peuple part avant les princes. La Croisade populaire est l'œuvre d'un prédicateur, Pierre l'Ermite, qui quitte Cologne au printemps 1096 avec des milliers de pauvres, de paysans, de petits chevaliers, femmes et enfants compris ; Gautier Sans-Avoir le précède. Ces foules traversent la Hongrie et les Balkans dans le désordre, se heurtent aux garnisons byzantines et atteignent Constantinople le 1er août 1096. Alexis les fait passer le Bosphore une semaine plus tard.
Derrière elles, la page la plus sombre de la croisade : les Massacres de Rhénanie. En mai 1096, des bandes conduites par le comte Emich de Flonheim massacrent les Juifs de Spire, de Worms et de Mayence, malgré les évêques qui leur ouvrent leurs palais pour les protéger — Jean de Spire y réussit en partie, Ruthard de Mayence échoue. Les chroniqueurs chrétiens eux-mêmes, Albert d'Aix en tête, jugent ces crimes contraires à l'esprit du pèlerinage, et voient dans le sort d'Emich, arrêté en Hongrie, un jugement de Dieu.
En Asie, la croisade populaire ne survit pas deux mois. Un détachement s'empare du château de Xerigordon et y est anéanti par la soif ; puis, le 21 octobre 1096, l'armée entière tombe dans l'embuscade de Kilij Arslan, sultan seldjoukide de Nicée, à la Bataille de Civetot : Gautier Sans-Avoir meurt, des milliers de pèlerins sont tués ou vendus, Pierre l'Ermite, resté à Constantinople, survit. Les ossements de Civetot, que les princes verront l'année suivante, disent le prix du zèle sans discipline — une leçon que répéteront, jusqu'en 1320, toutes les croisades populaires.
Les armées princières et le serment de Constantinople (1096-1097)#
Les Armées princières partent à la date fixée, par quatre routes. Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, avec ses frères Eustache et Baudouin, passe par la Hongrie sans désordre et arrive devant Constantinople le 23 décembre 1096. Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, le plus âgé et le plus riche des princes, accompagne le légat Adhémar par la Dalmatie. Bohémond de Tarente, fils du Normand Robert Guiscard, débarque en Épire avec son neveu Tancrède. Robert de Normandie, Robert de Flandre et Étienne de Blois traversent l'Italie et passent l'Adriatique au printemps. Hugues de Vermandois, frère du roi de France, est arrivé le premier — naufragé près de Durazzo, reçu avec honneur. Les historiens modernes évaluent l'ensemble à 50 000-60 000 personnes, dont 6 000 à 7 000 chevaliers.
À Constantinople, Alexis veut une garantie : que les villes reprises aux Turcs, byzantines hier encore, lui soient rendues. C'est le Serment de Constantinople. Godefroy résiste tout l'hiver, en vient aux armes le Jeudi saint 1097, puis prête serment ; Bohémond, l'ancien ennemi de l'Empire, jure sans difficulté ; Raymond ne consent qu'à une formule réduite, promettant de respecter la vie et l'honneur de l'empereur. Ce serment pèsera sur toute la croisade — à Antioche surtout.
Nicée et Dorylée : les premières victoires (mai-juillet 1097)#
Le Siège de Nicée commence le 14 mai 1097. La capitale de Kilij Arslan, adossée au lac Ascanius, est la première ville turque sur la route. Le sultan, occupé à guerroyer à l'est, accourt et se fait battre sous les murs le 16 mai ; la ville tient jusqu'à ce qu'Alexis fasse porter des barques sur le lac. Le 19 juin, elle se rend — aux Byzantins, qui y entrent avant les croisés. Les Francs en gardent une amertume qu'ils n'oublieront pas.
Deux semaines plus tard, le 1er juillet 1097, à la Bataille de Dorylée, l'avant-garde de Bohémond, séparée du reste de l'armée, est encerclée à l'aube par toute la cavalerie de Kilij Arslan. Les chevaliers mettent pied à terre, forment le cercle autour des non-combattants et tiennent des heures sous les flèches, jusqu'à ce que Godefroy, Raymond et Adhémar débouchent sur les flancs et l'arrière. Les Turcs s'enfuient en abandonnant leur camp. L'Anatolie est ouverte, et les croisés ont appris comment on bat des archers montés : en tenant.
La traversée de l'Anatolie et la fondation d'Édesse (1097-1098)#
La Traversée de l'Anatolie, de juillet à octobre 1097, coûte plus cher qu'une bataille : chaleur, soif, plateaux brûlés par les Turcs en retraite ; les chevaux meurent par milliers, les chevaliers marchent à pied ou montent des bœufs. À Héraclée, les Turcs sont chassés une dernière fois ; à Marash, les Arméniens accueillent les Francs en libérateurs. Tancrède et Baudouin de Boulogne, partis en avant en Cilicie, se disputent Tarse.
Baudouin ne revient pas dans le rang. Appelé à l'est par les Arméniens d'Édesse, il est adopté par leur prince Thoros en février 1098 ; Thoros est tué dans une émeute le 9 mars, et Baudouin devient comte le lendemain. La Fondation d'Édesse donne à la croisade son premier État latin, un an et demi avant Jérusalem — et une place forte sur l'Euphrate qui couvrira le flanc d'Antioche.
Le siège d'Antioche (21 octobre 1097 - 3 juin 1098)#
Le Siège d'Antioche 1098 est l'épreuve de la croisade. La ville, ceinte par les murs de Justinien sur douze kilomètres et quatre cents tours, est trop vaste pour être encerclée ; l'hiver apporte la famine, les désertions — Pierre l'Ermite lui-même tente de fuir et est ramené par Tancrède —, les sorties de l'émir Yaghi-Siyan. En février 1098, Bohémond bat une armée de secours venue d'Alep au bord du lac. Les Génois, puis une flotte anglaise, apportent des vivres et du bois pour construire trois forts devant les portes.
C'est Bohémond qui trouve la clef : Firouz, un Arménien converti qui commande une tour, lui livre sa section de mur. Dans la nuit du 2 au 3 juin 1098, les Normands escaladent, ouvrent les portes ; au matin, la ville est aux croisés — sauf la citadelle. Étienne de Blois, parti la veille, croise l'armée de secours et rentre en France annoncer que tout est perdu. Il n'a pas tort de le croire : trois jours après la prise, Kerbogha, atabeg de Mossoul, arrive avec l'armée la plus nombreuse que les croisés aient jamais eue devant eux et les enferme dans la ville qu'ils viennent de prendre.
La Sainte Lance et la bataille d'Antioche (juin 1098)#
Assiégés dans une cité sans vivres, les croisés touchent le fond. C'est alors qu'un clerc provençal, Pierre Barthélemy, rapporte des visions de saint André : la Sainte Lance qui perça le côté du Christ est enfouie dans la cathédrale Saint-Pierre. Le 14 juin 1098, après une journée de fouilles, il en retire lui-même un fer de lance. Adhémar doute — il a vu une autre Sainte Lance à Constantinople —, Raymond de Saint-Gilles croit, et l'armée entière retrouve son courage. La légende de la Lance, l'épreuve du feu que Pierre Barthélemy subira l'année suivante et dont il mourra, sont racontées ailleurs ; ce qui compte ici, c'est que le 28 juin, une armée d'affamés est sortie des murs en chantant.
La Bataille d'Antioche, le 28 juin 1098, oppose des croisés presque sans chevaux — Raymond d'Aguilers compte à peine deux cents montures — à l'armée de Kerbogha. Bohémond commande ; les six corps francs se déploient hors de la porte du Pont sous les yeux des Turcs, qui laissent faire, et chargent. Les émirs de Syrie, jaloux de Kerbogha, l'abandonnent en pleine bataille ; l'armée musulmane se disloque. Les chroniqueurs voient des cavaliers blancs menés par saint Georges descendre des collines. Antioche est sauvée, la citadelle se rend le jour même, et Bohémond, malgré le serment de Constantinople et la colère de Raymond, s'en fera prince. Le 1er août, l'épidémie emporte Adhémar : la croisade perd son père.
Maarat al-Nouman et la marche vers Jérusalem (décembre 1098 - juin 1099)#
L'armée s'attarde six mois en Syrie, déchirée entre Bohémond, qui veut Antioche, et Raymond, qui veut Jérusalem. Le siège de Maarat al-Nouman, en décembre 1098, laisse une trace que les croisés eux-mêmes n'ont pas cachée : après la prise de la ville (11-12 décembre), une famine telle que des hommes, selon Raymond d'Aguilers et Foucher de Chartres, mangèrent la chair des morts. L'horreur en est rapportée par ceux qui l'ont vue, et elle mesure ce que cette armée avait enduré.
Ce sont les petits qui remettent l'armée en route : les pauvres menacent de démolir les murs de Maarat pour empêcher les princes d'y rester. Le 13 janvier 1099, Raymond de Saint-Gilles part pieds nus, en pèlerin, vers le sud. La Marche vers Jérusalem longe la côte — Tripoli, Beyrouth, Tyr, Acre, Césarée — sous des émirs qui achètent le passage ; le siège inutile d'Arqa coûte trois mois. Le 7 juin 1099, les croisés voient Jérusalem.
Le siège et la prise de Jérusalem (7 juin - 15 juillet 1099)#
Le Siège de Jérusalem 1099 commence sous un soleil qui a séché les citernes : le gouverneur fatimide a empoisonné les puits, et l'armée — quelque 12 000 combattants, dont 1 200 à 1 300 chevaliers — doit aller chercher l'eau à des heures de marche. Un premier assaut, le 13 juin, échoue faute d'échelles. Le bois des navires génois entrés à Jaffa permet de construire deux tours roulantes. Le 8 juillet, à l'appel d'un prêtre qui a vu Adhémar en songe, toute l'armée fait pieds nus le tour des remparts en procession, sous les moqueries des défenseurs.
L'assaut général commence le 13 juillet. La Prise de Jérusalem 1099 se joue le vendredi 15, vers neuf heures du matin — l'heure de la Passion, notent les chroniqueurs — quand la tour de Godefroy, déplacée en secret dans la nuit, touche le mur au nord-est ; deux chevaliers flamands sautent les premiers sur le rempart. La ville est prise dans la journée ; le massacre qui suit, dit par les sources avec des chiffres très inférieurs à ceux de la légende, et la prière au Saint-Sépulcre sont racontés dans la prise de Jérusalem, 15 juillet 1099.
Ascalon et le premier gardien du Saint-Sépulcre (juillet-août 1099)#
Le 22 juillet, les barons offrent la couronne à Raymond, qui refuse, puis à Godefroy, qui accepte le gouvernement sans le titre de roi : il sera avoué du Saint-Sépulcre, ne voulant pas porter une couronne d'or là où le Christ a porté la couronne d'épines. Son portrait : Godefroy de Bouillon, le premier gardien du Saint-Sépulcre.
Il reste à défendre la conquête. Le vizir d'Égypte al-Afdal débarque une armée à Ascalon. Le 12 août 1099, à la Bataille d'Ascalon, les croisés, portant la relique de la Vraie Croix retrouvée à Jérusalem, surprennent le camp fatimide à l'aube et le dispersent en une heure. C'est la dernière bataille de la première croisade. Leur vœu accompli, la plupart des pèlerins reprennent la mer ; Godefroy garde quelques centaines de chevaliers pour tenir Jérusalem, Jaffa et la route entre les deux. Il meurt un an plus tard, le 18 juillet 1100, et son frère Baudouin d'Édesse devient le premier roi.
Les hommes de la première croisade#
Sept princes, un légat, un empereur et deux adversaires font la trame de ces quatre années. Adhémar de Monteil, évêque du Puy, fut l'âme de l'armée : c'est lui qui tint les princes ensemble et qui, à Dorylée, mena la charge par les collines. Raymond de Saint-Gilles avait fait vœu de ne pas revenir ; il tint parole et mourut en Orient, fondateur du comté de Tripoli, sans avoir obtenu la couronne qu'il avait refusée. Bohémond de Tarente fut le stratège, à Dorylée comme à Antioche, et le plus ambitieux : Antioche fut son prix. Godefroy de Bouillon, moins brillant, fut le plus droit, et c'est lui que la légende a choisi.
En face, Kilij Arslan, sultan de Nicée, perdit sa capitale et une bataille mais reprit l'Anatolie dès 1101, en y détruisant les trois armées de renfort de la croisade de 1101 ; Kerbogha, atabeg de Mossoul, arriva trois jours trop tard devant Antioche et vit son armée se défaire par la jalousie des émirs. Alexis Comnène, enfin, obtint Nicée et la côte d'Asie sans jamais recevoir Antioche : les Latins l'accusèrent de trahison pour n'être pas venu les secourir en juin 1098, les Grecs accusèrent les Latins de parjure ; la querelle des deux chrétientés commence là.
Ce qui demeure#
La première croisade a obtenu ce pour quoi elle était partie : pendant quatre-vingt-huit ans, jusqu'en 1187, les pèlerins d'Occident ont pu prier librement au tombeau du Christ, et le Saint-Sépulcre rebâti par les Francs en 1149 est l'église que l'on visite encore. Le 15 juillet devint une fête liturgique, la Liberatio Jerusalem. De cette marche sont nés le royaume de Jérusalem, la principauté d'Antioche, le comté d'Édesse puis celui de Tripoli — deux siècles de chrétienté d'Outremer.
Mais ce qui demeure surtout, c'est l'exemple. Des hommes ont vendu leur terre, fait vœu devant Dieu, marché trois ans et quatre mille kilomètres, connu la soif d'Anatolie, la famine d'Antioche et la honte de Maarat, et ne se sont pas arrêtés. Ils n'ont pas toujours été à la hauteur de leur croix — la Rhénanie et Maarat le rappellent, et leurs propres chroniqueurs le leur ont dit. Mais quand, le 15 juillet 1099, ils sont entrés au Saint-Sépulcre pieds nus et en larmes, comme dit Raymond d'Aguilers, ils ont accompli ce que personne, en 1095, ne croyait possible. Ils sont partis pour que le tombeau reste vide, gardé et connu : il l'est encore.
Pour aller plus loin#
- Les croisades (1095-1291) : le guide complet — le pilier du site, pour situer la première croisade dans les deux siècles qui suivent.
- Quelle croisade a réussi ? — pourquoi la première est la seule à avoir pleinement atteint son but.
- Clermont, 27 novembre 1095 : l'appel d'Urbain II — le discours, l'indulgence, les neuf mois de prédication.
- La prise de Jérusalem, 15 juillet 1099 — le siège, l'assaut, le massacre selon les sources, la prière au Sépulcre.
- Godefroy de Bouillon, le premier gardien du Saint-Sépulcre — le chef qui refusa la couronne.
- Les chefs des croisades : qui a commandé quoi — les huit princes de 1096-1099 et ceux qui leur ont succédé, jusqu'en 1272.
- Combien de croisés sont partis en 1096 ? — les effectifs des deux vagues, des chiffres des chroniqueurs aux estimations modernes.
- Combien de temps durait le voyage vers Jérusalem ? — les trois ans de marche de 1096-1099 comparés aux traversées par mer qui suivront.
- Chronologie complète des croisades (1095-1291) — le tableau de toutes les expéditions, pour situer 1095-1099 dans les deux siècles qui suivent.
- Les autres étapes — Civetot, Dorylée, Antioche, la Sainte Lance, Ascalon — et les portraits de Bohémond, Raymond, Adhémar, Alexis, Kerbogha et Kilij Arslan paraîtront dans cette catégorie : Première croisade.
Sources
Gesta Francorum et aliorum Hierosolimitanorum (anonyme normand, vers 1100-1101) · Raymond d'Aguilers, Historia Francorum qui ceperunt Iherusalem (Antioche, la Lance, Maarat, Jérusalem) · Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana, livre I · Albert d'Aix, Historia Hierosolymitana, livres I-VI (croisade populaire, Rhénanie) · Anne Comnène, Alexiade, livres X-XI (le serment de Constantinople) · Ibn al-Athir, Al-Kamil fi al-tarikh, et Ibn al-Qalanisi, Chronique de Damas (Antioche, Kerbogha). — René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, t. I (Plon, 1934) ; Jean Flori, Pierre l'Ermite et la première croisade (Fayard, 1999) ; Jonathan Riley-Smith, The First Crusade and the Idea of Crusading (1986) ; John France, Victory in the East : A Military History of the First Crusade (Cambridge, 1994).
Questions fréquentes#
Quelle est la date de la première croisade ?
De 1096 à 1099. Elle est prêchée à Clermont le 27 novembre 1095, les premiers pèlerins partent au printemps 1096, les princes à partir du 15 août 1096, et Jérusalem est prise le vendredi 15 juillet 1099. La bataille d'Ascalon, le 12 août 1099, la clôt.
Pourquoi date-t-on la première croisade de 1095 ou de 1096 ?
1095 est l'année de l'appel d'Urbain II à Clermont (27 novembre), 1096 celle du départ des armées (les princes partent à partir du 15 août). On écrit donc 1095-1099 si l'on compte depuis l'appel, 1096-1099 si l'on compte depuis le départ ; la fin est toujours 1099, avec la prise de Jérusalem (15 juillet) et la victoire d'Ascalon (12 août).
Qui commandait la première croisade ?
Personne seul : le légat du pape, Adhémar de Monteil, en était le chef spirituel jusqu'à sa mort en août 1098 ; les décisions se prenaient en conseil des princes — Raymond de Saint-Gilles, Godefroy de Bouillon, Bohémond de Tarente, Robert de Normandie, Robert de Flandre, Étienne de Blois, Hugues de Vermandois.
Combien de croisés sont partis en 1096 ?
Les chroniqueurs donnent des chiffres immenses ; les historiens modernes (Riley-Smith, France, Flori) estiment les armées princières à 50 000-60 000 personnes, dont 6 000 à 7 000 chevaliers, sans compter la croisade populaire. Devant Jérusalem, en juin 1099, il restait environ 12 000 combattants.
Pourquoi la première croisade a-t-elle réussi ?
Parce que l'islam du Proche-Orient était divisé : sultanat seldjoukide en crise de succession, émirs de Syrie rivaux, Fatimides d'Égypte ennemis des Turcs. Et parce que les croisés ont tenu, par leur foi, dans des situations — Antioche surtout — où toute armée ordinaire aurait cédé.
Que s'est-il passé après la prise de Jérusalem ?
Godefroy de Bouillon fut élu chef de la conquête le 22 juillet 1099 et prit le titre d'avoué du Saint-Sépulcre ; il battit l'armée égyptienne à Ascalon le 12 août. La plupart des croisés rentrèrent ; de leur conquête naquirent le royaume de Jérusalem, la principauté d'Antioche et le comté d'Édesse.
Combien de temps a duré le voyage jusqu'à Jérusalem ?
Près de trois ans pour ceux qui partirent le 15 août 1096 et entrèrent dans Jérusalem le 15 juillet 1099 : environ 4 000 kilomètres par la Hongrie, Constantinople, l'Anatolie et la Syrie, dont huit mois de siège devant Antioche.