Troisième croisade (1189-1192) : Acre, Arsouf, Jaffa

La 3e croisade (1189-1192) : Barberousse, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion face à Saladin. Acre reprise, bataille et traité de Jaffa (1192).

Romain Croisade 15 min

Mis à jour le 12 octobre 2026

Un roi couronné en cotte de mailles menant une colonne de chevaliers le long de la mer, une flotte au large, une ville fortifiée à l'horizon

En bref

Quand : de la bulle Audita tremendi (29 octobre 1187) au traité de Jaffa (2 septembre 1192). Où : la Terre sainte — Acre, Arsouf, Jaffa, les abords de Jérusalem — mais aussi l'Anatolie pour Barberousse, la Sicile et Chypre pour Richard. Qui : Frédéric Barberousse, Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion ; en Outremer, Guy de Lusignan, Conrad de Montferrat, les Templiers et les Hospitaliers ; en face, Saladin et son frère al-Adil. Issue : Acre reprise (12 juillet 1191), victoires d'Arsouf et de Jaffa, la côte rendue aux Francs, Jérusalem restant à Saladin mais ouverte aux pèlerins.

La troisième croisade, ou 3e croisade, se déroule de 1189 à 1192 : lancée après le désastre de Hattin et la perte de Jérusalem en 1187, elle s'achève par le traité de Jaffa du 2 septembre 1192, qui laisse la Ville sainte à Saladin mais ouvre le Saint-Sépulcre aux pèlerins. Trois souverains prennent la croix — Frédéric Barberousse, Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion — pour la plus puissante expédition jamais envoyée en Orient. Elle reprend Acre après deux ans de siège, bat Saladin à Arsouf et à Jaffa, rend aux Francs la côte de Tyr à Jaffa, et s'arrête à deux journées de marche de Jérusalem sans l'assiéger. C'est le chapitre le plus chevaleresque de l'histoire que raconte notre guide complet des croisades — et le plus amer, parce que le tombeau du Christ y reste hors de portée.

Cet article est le pilier de la catégorie : il donne le fil de la croisade, de la nouvelle de Hattin à la captivité de Richard, et renvoie aux récits détaillés à mesure qu'ils paraissent.

Pourquoi 1187 ? Le désastre et la bulle Audita tremendi#

Le 4 juillet 1187, aux Cornes de Hattin, l'armée du royaume de Jérusalem est anéantie : le roi Guy de Lusignan est captif, la Vraie Croix perdue, et les villes tombent une à une jusqu'à la capitulation de Jérusalem, le 2 octobre. Seule Tyr résiste, grâce à Conrad de Montferrat, un marquis italien débarqué par hasard en juillet et qui refuse toute reddition. Saladin, maître de l'Égypte et de la Syrie, semble sur le point d'effacer un siècle de présence franque.

À Rome, la nouvelle de Hattin tue, dit-on, le pape Urbain III. Son successeur Grégoire VIII, élu le 21 octobre, publie huit jours plus tard la bulle Audita tremendi : la perte de la Terre sainte est un châtiment des péchés de toute la chrétienté, et chacun doit y répondre par la pénitence et par la croix. Le texte, l'un des plus beaux de la littérature pontificale, appelle les princes à faire la paix entre eux pour sept ans. Grégoire meurt en décembre ; Clément III poursuit. Une dîme exceptionnelle, la « dîme saladine », est levée en France et en Angleterre pour financer l'expédition.

Barberousse prend la croix : la « Cour du Christ » de Mayence (mars 1188)#

Le premier à répondre est le plus vieux et le plus grand des souverains d'Occident. Frédéric Barberousse, empereur depuis 1155, près de soixante-dix ans, a déjà fait la deuxième croisade (1147-1149) dans sa jeunesse. Le 27 mars 1188, à Mayence, il tient une diète qu'il nomme la « Cour de Jésus-Christ » (Curia Christi), laissant vide le trône au milieu de l'assemblée : Barberousse prend la croix avec son fils Frédéric de Souabe et des milliers de chevaliers allemands. Il fixe le départ à un an, exige de chaque croisé de quoi vivre deux ans, et écrit à Saladin pour le sommer de rendre Jérusalem. Henri II d'Angleterre et Philippe Auguste, réconciliés à Gisors en janvier, ont pris la croix eux aussi ; mais leur guerre reprend aussitôt, et l'empereur part seul.

La marche de Barberousse et sa mort dans le Saleph (1189-1190)#

La Marche de Barberousse commence à Ratisbonne le 11 mai 1189 : la plus grande armée croisée qui ait jamais pris la route de terre — les chroniqueurs parlent de 100 000 hommes, les historiens d'une quinzaine de milliers de combattants — traverse la Hongrie sans incident, puis se heurte à l'empereur byzantin Isaac Ange, qui a conclu un accord avec Saladin. Frédéric prend Philippopolis, hiverne à Andrinople, menace Constantinople, et obtient par le traité d'Andrinople (février 1190) le passage des Dardanelles. En Anatolie, l'armée souffre de la faim et du harcèlement turc, mais bat le sultan de Rum et entre dans sa capitale Iconium le 18 mai 1190. La Cilicie arménienne est en vue ; Antioche n'est qu'à quelques semaines.

La Mort de Barberousse survient le 10 juin 1190. En traversant le Saleph (le Göksu, en Cilicie), l'empereur est emporté par le courant ; on le retire mort. Son armée, désemparée, se disperse : une partie rentre, une autre suit Frédéric de Souabe jusqu'à Antioche, où l'épidémie l'achève, puis jusqu'à Acre, où le duc meurt en janvier 1191 (sa marche, comme la croisade allemande de 1197 qui vengera son père, est racontée dans Les croisades oubliées). Les Allemands qui restent y fondent un hospice qui deviendra l'ordre Teutonique. La croisade de l'empire a fini dans une rivière ; Saladin, qui la craignait plus que tout, respire.

Philippe Auguste et Richard : de Vézelay à Messine (1190-1191)#

Les deux rois de l'Ouest partent ensemble de Vézelay le 4 juillet 1190 — Henri II est mort un an plus tôt, et Richard Cœur de Lion, son fils, roi depuis septembre 1189, a vendu charges et châteaux pour armer sa flotte. Philippe Auguste, vingt-cinq ans, est son suzerain pour les fiefs continentaux et son rival de toujours. Richard et Philippe passent l'hiver 1190-1191 à Messine, en Sicile, où Richard prend la ville d'assaut le 4 octobre pour obtenir la dot de sa sœur Jeanne, veuve du roi Guillaume II, et où les deux rois s'observent avec une méfiance croissante ; le traité de Messine (mars 1191) délie Richard de ses fiançailles avec Alix, sœur de Philippe. Le roi de France embarque le premier et débarque devant Acre le 20 avril 1191.

La Conquête de Chypre 1191 est un détour que Richard n'avait pas prévu. Une tempête jette une partie de sa flotte, avec sa sœur et sa fiancée Bérengère de Navarre, sur les côtes de l'île, que tient un usurpateur byzantin, Isaac Comnène. Isaac maltraite les naufragés ; Richard débarque à Limassol le 6 mai, y épouse Bérengère le 12, et soumet l'île en un mois — Isaac, à qui il avait promis de ne pas le mettre aux fers, est enchaîné d'argent. Chypre, vendue aux Templiers puis cédée à Guy de Lusignan, restera latine près de quatre siècles : c'est le gain le plus durable de la croisade. Richard arrive devant Acre le 8 juin 1191.

Le siège d'Acre (28 août 1189 - 12 juillet 1191)#

Le Siège d'Acre 1191 avait commencé deux ans avant les rois. Libéré par Saladin en 1188 contre la promesse, aussitôt déliée, de ne plus combattre, Guy de Lusignan, roi sans royaume que Conrad refuse d'accueillir à Tyr, tente l'impossible : le 28 août 1189, avec quelques centaines de chevaliers, il met le siège devant Acre, la plus forte place de la côte. Saladin accourt et assiège les assiégeants. Pendant deux ans, sur cette plaine, les croisés qui arrivent d'Occident par mer — Frisons, Danois, Pisans, Français, Allemands — meurent de faim, d'épidémie et de combats, sans jamais lever le siège. La reine Sibylle y meurt avec ses filles à l'été 1190 ; Conrad épouse aussitôt sa sœur Isabelle et réclame la couronne.

L'arrivée des rois change tout : Philippe fait dresser ses machines, Richard, malade, se fait porter sous les murs pour tirer à l'arbalète. Sapes et assauts se succèdent ; le 12 juillet 1191, la garnison capitule contre la vie sauve, 200 000 dinars, 1 500 prisonniers chrétiens et la restitution de la Vraie Croix. La bannière de Léopold d'Autriche, dressée sur les murs à côté de celles des rois, est jetée dans le fossé par les hommes de Richard : le duc s'en souviendra. Le 28 juillet, un compromis règle la couronne : Guy roi à vie, Conrad son héritier.

Le massacre d'Ayyadieh et le départ de Philippe Auguste (août 1191)#

Le Départ de Philippe Auguste suit la prise d'Acre de trois semaines. Malade, inquiet de la succession de Flandre, lassé d'un rival qui l'éclipse, le roi de France s'embarque le 31 juillet 1191 après avoir juré de ne pas attaquer les terres de Richard en son absence — serment qu'il ne tiendra pas. Il laisse le duc Hugues de Bourgogne à la tête des Français. Aux yeux des chroniqueurs anglais, il déserte ; aux yeux des siens, il a fait son vœu et rentre gouverner.

Le Massacre d'Ayyadieh est la page la plus sombre de la croisade. Saladin tarde à exécuter les termes de la capitulation ; le 20 août 1191, Richard fait conduire hors de la ville, sous les yeux de l'armée musulmane, quelque 2 600 à 3 000 prisonniers de la garnison, et les fait exécuter. Baha ad-Din, témoin du camp de Saladin, compte les morts ; Ambroise, du côté franc, ne cache rien non plus. Les historiens y voient un calcul — ne pas laisser derrière soi une garnison à nourrir et à garder — plutôt qu'un accès de fureur ; le calcul ne le rend pas moins terrible, et Saladin répondra en faisant tuer les prisonniers francs pendant des mois. On le dit, avec les chiffres des sources.

Arsouf et les marches vers Jérusalem (septembre 1191 - juillet 1192)#

Le 22 août, Richard mène l'armée vers le sud, le long de la mer, la flotte suivant la côte, l'infanterie couvrant les chevaliers. La Bataille d'Arsouf, le 7 septembre 1191, est la récompense de cette discipline : après une matinée de harcèlement, les Hospitaliers chargent, Richard lance toute la ligne et l'armée de Saladin est mise en fuite — sa première défaite en bataille rangée depuis 1177. Le récit : la bataille d'Arsouf, 7 septembre 1191. Jaffa est reprise et refortifiée ; Saladin, découragé, rase Ascalon plutôt que de la défendre.

Les Marches vers Jérusalem 1191-1192 sont alors deux fois tentées, et deux fois arrêtées. Fin décembre 1191, sous la pluie, l'armée atteint Beit Nuba, à vingt kilomètres de la Ville sainte ; le 13 janvier 1192, sur l'avis des Templiers, des Hospitaliers et des barons d'Outremer — une Jérusalem prise ne pourrait être tenue une fois les croisés rentrés —, Richard fait demi-tour, et passe le printemps à rebâtir Ascalon de ses mains. En juin, l'armée revient à Beit Nuba ; le 4 juillet 1192, un conseil de vingt hommes tranche de nouveau pour la retraite. Ambroise raconte que Richard, à qui l'on montrait Jérusalem au loin, se couvrit les yeux de son bouclier pour ne pas voir ce qu'il ne pouvait délivrer.

Le meurtre de Conrad de Montferrat (28 avril 1192)#

Entre les deux marches, le royaume change de maître. En avril 1192, Richard, qui doit rentrer, accepte enfin que Conrad de Montferrat, choisi par les barons, soit roi. Le Meurtre de Conrad de Montferrat suit de quelques jours : le 28 avril, dans une rue de Tyr, deux hommes envoyés par le Vieux de la Montagne, maître des Assassins, le poignardent. On accusa Richard, on accusa Saladin ; les sources les plus proches désignent le chef des Assassins, Rachid ad-Din Sinan, dont Conrad avait saisi un navire. Une semaine plus tard, Henri de Champagne, neveu des deux rois, épouse la veuve Isabelle et prend le gouvernement du royaume sans en porter le titre ; Guy de Lusignan reçoit Chypre.

La bataille de Jaffa (5 août 1192) et le traité de Jaffa#

La bataille de Jaffa (5 août 1192) est le dernier coup d'éclat de la croisade. Le 31 juillet, Saladin surprend Jaffa et emporte la ville ; la garnison tient la citadelle. Richard, parti d'Acre par mer, arrive le 1er août avec une poignée de chevaliers et quelques centaines d'arbalétriers, saute à l'eau le premier et rejette les assiégeants hors des murs. Le 5 août, Saladin attaque à l'aube le camp dressé devant la ville ; Richard, avec cinquante-quatre chevaliers, dont une dizaine à cheval, et deux mille fantassins rangés derrière des pieux, repousse toute une armée. Baha ad-Din raconte que le sultan, voyant son adversaire démonté, lui fit envoyer deux chevaux. Le geste est de Saladin ; l'exploit est de Richard.

Malade, pressé par les nouvelles de France — Philippe et Jean sans Terre complotent contre lui —, Richard négocie avec al-Adil. Le traité de Jaffa, conclu le 2 septembre 1192, établit une trêve de trois ans et trois mois : les Francs gardent la côte de Tyr à Jaffa, Ascalon est démantelée, et les pèlerins chrétiens auront libre accès au Saint-Sépulcre. Des milliers de croisés font le pèlerinage en trois groupes, sous la protection du sultan ; Richard, lui, refuse d'entrer en pèlerin dans une ville qu'il n'a pas délivrée. Il s'embarque à Acre le 9 octobre 1192.

La captivité de Richard (1192-1194)#

La Captivité de Richard clôt la croisade comme un roman. Naufragé dans l'Adriatique, le roi tente de rentrer par l'Autriche sous un déguisement ; reconnu près de Vienne, vers le 21 décembre 1192, il est arrêté par les hommes de Léopold d'Autriche — le duc de la bannière jetée au fossé — puis livré à l'empereur Henri VI, qui l'accuse de la mort de Conrad et le retient au château de Trifels. Aliénor d'Aquitaine, sa mère, lève la rançon de 150 000 marcs d'argent, deux fois le revenu annuel du royaume d'Angleterre ; Richard est libéré le 4 février 1194. Saladin, lui, est mort à Damas le 4 mars 1193, laissant un trésor si maigre qu'il fallut emprunter pour ses funérailles.

Bilan : un demi-succès ?#

Le Bilan de la troisième croisade se lit à deux niveaux. Le but proclamé — Jérusalem — n'est pas atteint, et les chroniqueurs des deux camps s'accordent pour dire que Richard aurait pu tenter l'assaut. Mais le royaume, qui n'avait plus que Tyr en 1188, retrouve une capitale, Acre, une côte, une flotte, une île, et cent ans d'existence ; les pèlerins retrouvent le chemin du tombeau du Christ ; les ordres militaires retrouvent leurs forteresses côtières. Saladin, épuisé, a dû reconnaître qu'il ne rejetterait pas les Francs à la mer. Sur le plan militaire, Arsouf et Jaffa ont rendu à la chevalerie d'Occident une réputation que Hattin avait détruite.

Les hommes de la troisième croisade#

Trois rois, deux prétendants, un sultan. Frédéric Barberousse fut le plus grand par le rang et le plus fidèle à son vœu, et la croisade perdit avec lui son armée la plus nombreuse. Philippe Auguste fit ce qu'il devait et rentra bâtir la France ; les chroniqueurs anglais ne le lui ont pas pardonné. Richard Cœur de Lion fut le capitaine parfait de cette guerre — l'œil du marin, le sang-froid d'Arsouf, la folie de Jaffa — et un roi absent partout ailleurs. Guy de Lusignan, roi vaincu de Hattin, racheta sa défaite par l'obstination devant Acre et finit maître de Chypre ; Conrad de Montferrat, sauveur de Tyr, mourut roi de sept jours. Saladin, enfin, garda Jérusalem et perdit toutes les batailles de la croisade ; il en sort plus grand encore aux yeux de ses ennemis, qui firent de lui le modèle du prince courtois.

Ce qui demeure#

Ce qui demeure de la troisième croisade, c'est d'abord une chrétienté d'Outremer qui n'aurait pas dû survivre à 1187 et qui vécut jusqu'en 1291 : Acre, Tyr, Jaffa, les châteaux des ordres, et cette île de Chypre où la croix restera jusqu'en 1571. C'est le libre accès des pèlerins au Saint-Sépulcre, arraché par traité à celui qui avait pris la ville — la preuve que la garde du tombeau pouvait se négocier aussi bien que se conquérir. C'est l'ordre Teutonique, né dans les tentes d'Acre.

C'est surtout un idéal de chevalerie que les deux camps ont reconnu. Richard refusant de regarder une Jérusalem qu'il ne pouvait délivrer, les fantassins d'Arsouf marchant hérissés de flèches sans rompre, Saladin envoyant des chevaux à son adversaire démonté, un empereur de soixante-dix ans partant à pied pour la deuxième fois de sa vie : cette croisade n'a pas rendu le tombeau, mais elle a montré ce que valaient ceux qui le gardaient et ceux qui le tenaient. Et pendant un siècle encore, grâce à elle, les pèlerins ont pu s'agenouiller là où le Christ est ressuscité.

Pour aller plus loin#

Sources

Ambroise, L'Estoire de la guerre sainte (témoin normand de l'armée de Richard) · Itinerarium peregrinorum et gesta regis Ricardi · Roger de Howden, Chronica (Messine, Chypre, Acre) · Historia de expeditione Friderici imperatoris (dit Ansbert) pour la marche de Barberousse · Chronique d'Ernoul et de Bernard le Trésorier (le point de vue d'Outremer) · Baha ad-Din Ibn Shaddad, Al-Nawadir al-sultaniyya (Ayyadieh, Arsouf, Jaffa, les négociations) · Ibn al-Athir, Al-Kamil fi al-tarikh · Imad ad-Din al-Isfahani, Al-Fath al-qussi. — René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, t. III (Plon, 1936) ; Jean Flori, Richard Cœur de Lion, le roi-chevalier (Payot, 1999) ; John Gillingham, Richard I (Yale, 1999) ; Anne-Marie Eddé, Saladin (Flammarion, 2008).

Questions fréquentes#

Quand a eu lieu la troisième croisade ?

Elle est proclamée par la bulle Audita tremendi le 29 octobre 1187, après la chute de Jérusalem. Barberousse part en mai 1189, Richard et Philippe en juillet 1190. Elle s'achève par le traité de Jaffa du 2 septembre 1192 et le départ de Richard le 9 octobre 1192.

Qui a participé à la troisième croisade ?

Trois souverains : l'empereur Frédéric Barberousse, qui meurt en route ; Philippe Auguste, roi de France, qui repart après la prise d'Acre ; Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, qui mène la campagne jusqu'au bout. En face, Saladin, sultan d'Égypte et de Syrie.

Quel a été le rôle de Philippe Auguste dans la troisième croisade ?

Parti de Vézelay avec Richard le 4 juillet 1190, il hiverne à Messine, arrive devant Acre le 20 avril 1191 et prend part au siège jusqu'à la reddition de la ville, le 12 juillet 1191. Malade, il se rembarque dès le 31 juillet et laisse le duc Hugues de Bourgogne à la tête des Français.

La troisième croisade a-t-elle repris Jérusalem ?

Non. Richard s'en est approché deux fois, en janvier et en juin 1192, et a renoncé chaque fois sur l'avis des barons d'Outremer et des ordres militaires. Le traité de Jaffa garantit seulement aux pèlerins le libre accès au Saint-Sépulcre.

Qu'est-ce que la bataille de Jaffa ?

Le dernier combat de la troisième croisade. Le 31 juillet 1192, Saladin enlève Jaffa ; Richard, venu d'Acre par mer, reprend la ville le 1er août, puis, le 5 août, repousse l'armée du sultan avec cinquante-quatre chevaliers et deux mille fantassins rangés derrière des pieux. Le traité de Jaffa, le 2 septembre 1192, met fin à la croisade.

Richard Cœur de Lion et Saladin se sont-ils rencontrés ?

Jamais en personne. Ils ont négocié par l'intermédiaire d'al-Adil, frère du sultan, et échangé des présents et des courtoisies — des chevaux envoyés par Saladin à Richard démonté devant Jaffa, selon les chroniqueurs. Leur estime mutuelle est attestée des deux côtés.

Qu'a obtenu la troisième croisade ?

La côte de Tyr à Jaffa, avec Acre pour nouvelle capitale ; l'île de Chypre, qui restera latine jusqu'en 1571 ; l'accès des pèlerins à Jérusalem ; et un siècle de survie pour le royaume, qui aurait disparu sans elle.

Pourquoi Richard a-t-il été fait prisonnier au retour ?

Naufragé dans l'Adriatique, il traverse l'Autriche déguisé et est reconnu près de Vienne en décembre 1192 par les hommes du duc Léopold, qu'il avait humilié à Acre. Livré à l'empereur Henri VI, il n'est libéré qu'en février 1194 contre une rançon de 150 000 marcs d'argent.

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