Les chefs des croisades : qui a commandé quoi

Godefroy et Bohémond en 1099, Richard et Barberousse en 1190, Dandolo en 1204, Saint Louis en 1250 et 1270 : les chefs croisés, expédition par expédition.

Romain Croisade 16 min

Mis à jour le 14 octobre 2026

Des princes croisés en armure, manteaux frappés de la croix, tiennent conseil sous une tente autour d'une carte, bannières plantées derrière eux et une ville fortifiée à l'horizon

En bref

Période : 1096-1272. Première croisade : Godefroy de Bouillon, Bohémond de Tarente, Raymond de Saint-Gilles, Tancrède, Robert de Normandie, Robert de Flandre, Étienne de Blois, Hugues de Vermandois. Deuxième : Conrad III et Louis VII. Troisième : Frédéric Barberousse, Richard Cœur de Lion, Philippe Auguste. Quatrième : Thibaut III de Champagne, Boniface de Montferrat, Enrico Dandolo, Baudouin de Flandre. Cinquième : André II de Hongrie, Léopold VI d'Autriche, Jean de Brienne. Sixième : Frédéric II. Croisade des barons : Thibaut IV de Champagne. Septième et huitième : Saint Louis, Robert d'Artois, Charles d'Anjou ; puis Édouard d'Angleterre. Bilan : trois empereurs, sept rois, des dizaines de princes ; plusieurs ne sont jamais revenus.

Les chefs des croisades sont les princes, rois et empereurs qui ont pris la croix et conduit les grandes expéditions vers l'Orient entre 1096 et 1272 : Godefroy de Bouillon et Bohémond de Tarente en 1099, Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste en 1191, Enrico Dandolo en 1204, Saint Louis en 1250 et en 1270. Aucun n'était un général au sens moderne : chacun commandait ses propres vassaux, et l'armée décidait en conseil. Cette page présente, expédition par expédition, ceux qui ont mené les croisés ; le cadre général se lit dans notre guide complet des croisades.

Les chefs des croisades en cinq lignes#

La première croisade est une armée de barons sans roi, conduite par le légat du pape et un conseil de princes. Les suivantes sont des croisades de rois : France, Angleterre, Allemagne, Hongrie y engagent leur couronne, et parfois leur vie. La quatrième échappe à ses chefs et finit à Constantinople. Au XIIIe siècle, un empereur excommunié reprend Jérusalem par traité, puis un roi saint échoue deux fois et meurt devant Tunis. Tous ont en commun d'avoir quitté leur terre, engagé leur fortune et risqué leur salut sur une même promesse : délivrer et garder le tombeau du Christ.

Commander une croisade : un pouvoir fragile#

Une croisade n'a pas de chaîne de commandement. Chaque prince lève, nourrit et paie ses chevaliers ; il les conduit tant qu'il peut les payer, et ils le quittent quand il ne le peut plus. Le pape nomme un légat — Adhémar de Monteil en 1096, le cardinal Pélage en 1218 — qui porte l'autorité spirituelle, prêche, réconcilie les querelles, mais ne commande pas la cavalerie. Les décisions se prennent en conseil des barons, souvent après des jours de dispute ; l'armée elle-même, simples chevaliers et pèlerins à pied, pèse quand elle refuse d'avancer ou exige qu'on marche sur Jérusalem.

D'où les rivalités qui traversent toute l'histoire des croisades : Bohémond contre Raymond pour Antioche, Richard contre Philippe Auguste devant Acre, Frédéric II contre le pape. D'où aussi la grandeur de ceux qui ont su tenir ensemble des hommes que rien n'obligeait à rester. Prendre la croix coûtait cher : il fallait vendre ou engager ses terres — Godefroy vend Bouillon, Robert de Normandie met son duché en gage pour dix mille marcs —, et une croisade ruinait un prince bien plus souvent qu'elle ne l'enrichissait. Qui étaient les hommes qui les suivaient, on le lit dans qui étaient les croisés.

Première croisade (1096-1099) : l'armée des barons#

La première croisade part sans aucun roi : Philippe Ier de France et l'empereur Henri IV sont tous deux excommuniés. Ce sont donc les grands vassaux qui répondent à l'appel d'Urbain II. Ils se retrouvent à Constantinople en 1096-1097, prêtent serment à l'empereur Alexis Comnène, prennent Nicée, gagnent à Dorylée, tiennent huit mois devant Antioche et entrent à Jérusalem le 15 juillet 1099.

Godefroy de Bouillon, le gardien du Sépulcre#

Duc de Basse-Lorraine, Godefroy vend son château de Bouillon pour partir à la tête des Lorrains. Il n'est ni le plus riche ni le plus habile des princes, mais il est le plus droit, et ses hommes sont parmi les premiers sur les murs de Jérusalem. Élu le 22 juillet 1099, il refuse, selon la tradition, de porter une couronne d'or là où le Christ avait porté une couronne d'épines, et prend le titre d'avoué du Saint-Sépulcre. Il bat l'armée égyptienne à Ascalon le 12 août et meurt le 18 juillet 1100. Son portrait complet : Godefroy de Bouillon.

Bohémond de Tarente, le Normand ambitieux#

Fils de Robert Guiscard, le conquérant normand de l'Italie du Sud, Bohémond est le meilleur soldat de l'armée. C'est lui qui obtient, par l'intelligence avec un défenseur, la prise d'Antioche le 3 juin 1098, et lui qui commande la sortie victorieuse du 28 juin contre l'émir Kerbogha. Mais il garde Antioche pour lui, au mépris du serment fait à Byzance, et ne marche pas sur Jérusalem. Capturé par les Turcs danichmendides en 1100, libéré en 1103, il rentre en Occident lever une armée contre l'empire byzantin ; vaincu devant Durazzo, il signe le traité de Devol en 1108 et meurt en Apulie en 1111. Son mausolée se dresse toujours à Canosa.

Raymond de Saint-Gilles, le doyen#

Comte de Toulouse et marquis de Provence, Raymond de Saint-Gilles est le premier prince à prendre la croix après Clermont, le plus âgé et le plus riche. Il marche avec le légat Adhémar, protège la découverte de la Sainte Lance à Antioche et assiège longtemps Arqa avant que l'armée ne l'oblige à reprendre la route de Jérusalem. Selon son chapelain Raymond d'Aguilers, il refusa d'être roi dans la ville du Christ. Il ne rentra jamais : il guide la croisade de 1101, puis met le siège devant Tripoli, bâtit en face d'elle le château du Mont-Pèlerin et y meurt le 28 février 1105. Son fils prendra la ville en 1109.

Tancrède, le chevalier de Galilée#

Neveu de Bohémond, Tancrède a vingt ans à peine au départ. Il est de toutes les avant-gardes, entre dans Jérusalem parmi les premiers et reçoit la principauté de Galilée. Il gouverne ensuite Antioche pendant la captivité puis l'absence de son oncle, bat l'émir d'Alep Ridwan à Artah en 1105 et meurt le 12 décembre 1112. Son biographe Raoul de Caen, puis le Tasse dans La Jérusalem délivrée, en feront le modèle du chevalier croisé.

Robert Courteheuse, duc de Normandie#

Fils aîné de Guillaume le Conquérant, Robert Courteheuse engage son duché à son frère Guillaume le Roux pour dix mille marcs d'argent afin de partir. Courageux au combat — il s'empare de l'étendard du vizir égyptien à Ascalon —, il rentre en 1100. Il perd la Normandie à Tinchebray en 1106 face à son autre frère Henri Ier, qui le garde prisonnier jusqu'à sa mort, en 1134. Son gisant de bois, à la cathédrale de Gloucester, le montre jambes croisées, en croisé.

Robert de Flandre, Étienne de Blois, Hugues de Vermandois#

Robert II de Flandre combat à Dorylée, à Antioche, à Jérusalem et à Ascalon ; il rentre en 1100 avec le surnom de « Hiérosolymitain » et meurt en 1111. Étienne de Blois, gendre du Conquérant, écrit à sa femme Adèle des lettres qui comptent parmi les plus beaux témoignages de la croisade ; mais il quitte Antioche la veille de sa prise, en juin 1098. Renvoyé en Orient par Adèle, il revient en 1101 et meurt au combat à Ramla en mai 1102 : il a lavé sa fuite par son sang. Hugues de Vermandois, frère du roi de France, arrive le premier à Constantinople après un naufrage, rentre après Antioche, repart en 1101 et meurt de ses blessures à Tarse le 18 octobre 1101. Ces croisés de 1101 sont racontés dans les croisades oubliées.

Les renforts de 1176-1177 : Guillaume Longue-Épée et Philippe de Flandre#

Entre les grandes expéditions, des princes viennent seuls au secours du royaume. Guillaume Longue-Épée, fils du marquis de Montferrat, débarque en 1176 pour épouser Sibylle, sœur du roi lépreux Baudouin IV ; il meurt de fièvre dès juin 1177, laissant un fils posthume, le futur Baudouin V. Philippe de Flandre arrive à l'été 1177 avec une armée ; on lui offre la régence, il la refuse, puis refuse aussi l'expédition prévue contre l'Égypte et part assiéger Harim au nord. La victoire de Montgisard, le 25 novembre 1177, se fait sans lui. Il rachètera ce refus quatorze ans plus tard : revenu avec la troisième croisade, il meurt au siège d'Acre le 1er juin 1191.

Deuxième croisade (1147-1149) : deux rois devant Damas#

Après la chute d'Édesse, saint Bernard prêche la deuxième croisade, la première conduite par des souverains.

Conrad III de Hohenstaufen, roi des Romains, prend la croix à Spire à Noël 1146, emporté par la parole de saint Bernard. Il traverse l'Anatolie trop vite et voit son armée détruite par les Turcs près de Dorylée en octobre 1147. Malade, soigné à Constantinople par l'empereur Manuel, il gagne Acre par mer, participe au concile de juin 1148 et au siège de Damas, abandonné après quatre jours en juillet 1148.

Louis VII, roi de France, prend la croix à Vézelay le 31 mars 1146 et part avec la reine Aliénor d'Aquitaine. Son armée est décimée au mont Cadmos en janvier 1148 ; il se replie par mer sur Antioche, où éclate la brouille avec Aliénor, puis rejoint Conrad devant Damas. Il reste en Terre sainte jusqu'à Pâques 1149, en pèlerin, et rentre sans victoire. Il gardera de ce voyage une piété que tous ses contemporains ont notée.

Troisième croisade (1189-1192) : les trois grands#

Jérusalem tombée en 1187, les trois plus grands souverains d'Occident prennent la croix : c'est la troisième croisade, dite « croisade des rois ».

Frédéric Barberousse, empereur, près de soixante-dix ans, prend la croix à Mayence le 27 mars 1188 et part de Ratisbonne en mai 1189 avec la plus nombreuse armée de toutes les croisades. Il traverse l'Anatolie, prend Iconium en mai 1190 — puis se noie dans le Saleph, en Cilicie, le 10 juin 1190. Son armée se disperse ; quelques milliers d'hommes seulement atteignent Acre.

Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, conquiert Chypre en mai 1191, arrive devant Acre le 8 juin et en obtient la reddition le 12 juillet. Le 20 août, Saladin tardant à exécuter l'accord, il fait mettre à mort quelque 2 700 prisonniers devant les murs : c'est la page la plus sombre de sa croisade, que les chroniqueurs des deux camps rapportent. Vainqueur de Saladin à Arsouf le 7 septembre 1191 puis à Jaffa en août 1192, il approche deux fois de Jérusalem sans l'assiéger, jugeant qu'il ne pourrait la garder, et conclut avec Saladin le traité de Jaffa du 2 septembre 1192. Capturé sur le chemin du retour, il reste prisonnier en Allemagne jusqu'en février 1194.

Philippe Auguste, roi de France, arrive devant Acre le 20 avril 1191, y dirige les machines de siège, mais tombe malade et repart dès la fin de juillet 1191, laissant le gros de ses troupes au duc de Bourgogne. Son départ a été jugé sévèrement ; il avait un royaume à défendre et un rival, Richard, dont il se méfiait.

Après eux, Henri VI, fils de Barberousse, prépare la croisade allemande de 1197 ; il meurt à Messine le 28 septembre 1197 sans s'être embarqué, mais ses troupes reprennent Sidon et Beyrouth, et c'est dans leur sillage que les Teutoniques deviennent un ordre militaire.

Quatrième croisade (1202-1204) : les chefs dépassés#

La quatrième croisade est l'histoire d'une armée qui échappe à ses chefs.

Thibaut III de Champagne prend la croix au tournoi d'Écry, en novembre 1199, et devient le chef désigné ; il meurt à vingt-deux ans, le 24 mai 1201, avant le départ, léguant son trésor aux croisés. Boniface de Montferrat, marquis piémontais, frère de Conrad de Montferrat, le remplace en 1201. C'est lui qui accueille le jeune prince byzantin Alexis et accepte le détour par Constantinople ; après le sac de 1204, il devient roi de Thessalonique et meurt dans une embuscade bulgare en septembre 1207.

Enrico Dandolo, doge de Venise, est presque aveugle et a près de quatre-vingt-dix ans. Il prend la croix à Saint-Marc, fait payer la dette des croisés par la prise de Zara, chrétienne, en novembre 1202, puis mène lui-même l'assaut naval contre Constantinople, debout à la proue avec la bannière de saint Marc, selon Villehardouin. Il meurt à Constantinople au printemps 1205 et repose à Sainte-Sophie. Baudouin de Flandre, comte de Flandre et de Hainaut, est élu premier empereur latin de Constantinople et couronné le 16 mai 1204 ; capturé par les Bulgares du tsar Kaloyan à Andrinople le 14 avril 1205, il meurt en captivité.

Tous n'ont pas suivi. Devant Zara, Simon de Montfort refuse de combattre des chrétiens malgré l'interdiction du pape et gagne la Syrie par ses propres moyens ; il deviendra le chef de la croisade des albigeois et sera tué devant Toulouse le 25 juin 1218. Le pape Innocent III excommunie les croisés de Zara et condamnera le sac de Constantinople.

Cinquième croisade (1217-1221) : Damiette#

La cinquième croisade s'ouvre avec André II de Hongrie, qui débarque à Acre à l'automne 1217 et repart dès janvier 1218 après des chevauchées sans résultat et l'échec devant la forteresse du mont Thabor. Léopold VI d'Autriche reste plus longtemps et combat devant Damiette jusqu'en 1219.

Le vrai chef militaire est Jean de Brienne, chevalier champenois devenu roi de Jérusalem en 1210 par son mariage avec la reine Marie. Il conduit le siège de Damiette, prise le 5 novembre 1219, et conseille d'accepter l'offre du sultan al-Kamil : Jérusalem contre Damiette. Le légat Pélage refuse ; la marche sur Le Caire en 1221, prise dans la crue du Nil, finit par la capitulation du 30 août. Jean de Brienne finit sa vie comme régent et empereur de Constantinople, qu'il défend en 1235-1236, et meurt en 1237 sous l'habit franciscain.

Sixième croisade (1228-1229) : Frédéric II, Jérusalem sans combat#

Frédéric II, petit-fils de Barberousse, a pris la croix en 1215 et l'a sans cesse remise. Excommunié par Grégoire IX en septembre 1227, il part quand même et débarque à Acre en septembre 1228. Devenu roi de Jérusalem par son mariage avec Isabelle II, fille de Jean de Brienne, il négocie avec al-Kamil le traité de Jaffa du 18 février 1229, qui rend Jérusalem aux chrétiens pour dix ans. Il se couronne lui-même au Saint-Sépulcre le 18 mars 1229. La sixième croisade est la seule qui ait rendu Jérusalem aux Latins — sans bataille, et par un excommunié.

Dix ans plus tard, Thibaut IV de Champagne, roi de Navarre et poète, conduit la croisade des barons (1239-1240) : défaite à Gaza le 13 novembre 1239, puis négociation habile qui fait rendre aux Francs Beaufort et Safed. Ses chansons de croisade sont parmi les plus belles de la langue d'oïl.

Septième et huitième croisades (1248-1270) : Saint Louis#

Saint Louis prend la croix en décembre 1244, à peine relevé d'une maladie mortelle. La septième croisade prend Damiette le 6 juin 1249 ; le 8 février 1250, à Mansourah, son frère Robert d'Artois, emporté par sa fougue malgré les avis des Templiers, charge dans la ville et y périt avec une grande partie de l'avant-garde. Le roi tient le champ de bataille, mais l'armée, rongée par la maladie, est prise dans la retraite, et Louis capturé le 6 avril 1250. Libéré contre rançon, il reste quatre ans en Terre sainte à fortifier Acre, Césarée, Jaffa et Sidon. Son récit complet : Saint Louis et la septième croisade.

En 1270, malade, il repart : la huitième croisade débarque devant Tunis, où il meurt le 25 août 1270. Son frère Charles d'Anjou, roi de Sicile, arrive le jour même ; il négocie avec l'émir de Tunis un traité avantageux et rembarque l'armée. Il achètera en 1277 les droits au trône de Jérusalem, rêvant d'un empire méditerranéen que les Vêpres siciliennes ruineront en 1282.

Le dernier est Édouard d'Angleterre, fils d'Henri III, qui débarque à Acre le 9 mai 1271 avec un millier d'hommes. Trop peu nombreux pour reprendre quoi que ce soit, il obtient de Baybars une trêve signée en mai 1272, survit en juin à un coup de poignard empoisonné, et rentre pour devenir roi sous le nom d'Édouard Ier. Après lui, aucun souverain ne viendra plus en Terre sainte avant la chute d'Acre en 1291.

Ce qui demeure#

Il demeure d'abord une liste de morts. Barberousse dans le Saleph, Raymond devant Tripoli, Étienne à Ramla, Hugues à Tarse, Thibaut avant même le départ, Robert d'Artois à Mansourah, Saint Louis devant Tunis : des hommes qui avaient tout — couronnes, terres, familles — et qui l'ont laissé pour une ville qu'aucun d'eux n'aurait possédée. Les historiens discutent leurs calculs et leurs ambitions, et ils ont raison de le faire ; mais aucun calcul ne fait traverser l'Anatolie à soixante-dix ans ni repartir en croisade un roi mourant.

Il demeure des modèles, et des contre-modèles. Godefroy refusant la couronne d'or, Raymond refusant d'être roi dans la ville du Christ, Étienne de Blois revenant laver sa fuite, Saint Louis captif refusant de renier sa foi : l'idéal chevaleresque n'était pas un rêve de poète, il avait des noms. À côté, Bohémond gardant Antioche, Dandolo détournant une croisade, Richard faisant égorger ses prisonniers rappellent que la croix sur l'épaule ne dispensait pas de la conversion du cœur. L'Église, qui a canonisé Louis IX en 1297, n'a canonisé aucun des autres : elle a su faire la différence.

Il demeure enfin des lieux : le château de Bouillon, le mausolée de Canosa, le gisant de Gloucester, la Sainte-Chapelle bâtie par Saint Louis pour la Couronne d'épines, la dalle de Dandolo à Sainte-Sophie. Ils disent qu'il y eut un temps où les plus puissants de l'Occident tenaient pour le plus grand honneur de servir, en armes, le tombeau d'un crucifié.

Pour aller plus loin#

Sources

Sources médiévales. Gesta Francorum ; Raymond d'Aguilers, Historia Francorum qui ceperunt Iherusalem ; Albert d'Aix, Historia Hierosolymitana ; Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana ; Raoul de Caen, Gesta Tancredi ; Anne Comnène, Alexiade, X-XIII ; lettres d'Étienne de Blois à Adèle (1097-1098) ; Eudes de Deuil, De profectione Ludovici VII in Orientem ; Itinerarium peregrinorum et gesta regis Ricardi et Ambroise, L'Estoire de la guerre sainte ; Bahâ ad-Dîn Ibn Shaddâd, Vie de Saladin ; Geoffroy de Villehardouin, La Conquête de Constantinople, et Robert de Clari ; Olivier de Paderborn, Historia Damiatina ; Jean de Joinville, Vie de Saint Louis ; Ibn al-Athîr, Al-Kâmil fî l-târîkh. Historiens. Jonathan Riley-Smith, The First Crusaders, 1095-1131 (1997) ; Jean Flori, Bohémond d'Antioche, chevalier d'aventure (2007) et Richard Cœur de Lion, le roi-chevalier (1999) ; Jacques Le Goff, Saint Louis (Gallimard, 1996) ; Christopher Tyerman, God's War. A New History of the Crusades (2006) ; Michel Balard, Les Latins en Orient, XIe-XVe siècle (PUF, 2006).

Questions fréquentes#

Qui était le chef de la première croisade ?

Elle n'eut pas de chef unique : le légat Adhémar de Monteil la guidait au nom du pape, et les princes — Godefroy de Bouillon, Bohémond de Tarente, Raymond de Saint-Gilles, Robert de Normandie, Robert de Flandre — décidaient en conseil. Godefroy fut élu gardien de Jérusalem le 22 juillet 1099.

Quels rois ont participé aux croisades ?

Louis VII de France et Conrad III d'Allemagne (1147-1149), Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion et l'empereur Frédéric Barberousse (1189-1192), André II de Hongrie (1217), l'empereur Frédéric II (1228-1229), Saint Louis (1248-1254 et 1270), Thibaut de Champagne, roi de Navarre (1239), et le futur Édouard Ier d'Angleterre (1271-1272).

Qui a commandé la quatrième croisade ?

Thibaut III de Champagne, élu en 1199, mourut en mai 1201 avant le départ ; le marquis Boniface de Montferrat le remplaça. Mais l'homme qui pesa le plus fut le doge de Venise, Enrico Dandolo, presque nonagénaire et aveugle, dont la flotte transporta l'armée.

Quel chef croisé est mort pendant la croisade ?

Beaucoup : Frédéric Barberousse noyé en Cilicie le 10 juin 1190, Robert d'Artois tué à Mansourah le 8 février 1250, Saint Louis mort devant Tunis le 25 août 1270, Raymond de Saint-Gilles devant Tripoli en 1105, Étienne de Blois à Ramla en 1102, Hugues de Vermandois à Tarse en 1101.

Qui était le meilleur chef croisé ?

Comme tacticien, Richard Cœur de Lion, vainqueur à Arsouf et à Jaffa, et Bohémond, vainqueur devant Antioche. Comme chrétien, Saint Louis, canonisé en 1297. Comme négociateur, Frédéric II, qui rendit Jérusalem aux Latins sans combattre en 1229.

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