Comment fonctionnait un ordre militaire ? Le guide

Vœux, recrutement, commanderies, responsions, chapitre, discipline, flottes, finances : le fonctionnement des Templiers, Hospitaliers et Teutoniques.

Romain Croisade 16 min

Un chapitre d'ordre militaire dans une salle voûtée : frères chevaliers en manteau blanc, sergents en manteau sombre et chapelain assis le long des murs, le maître sous un crucifix, un frère agenouillé au centre confessant sa faute, un registre et des pièces sur une table

En bref

Quoi : des religieux voués à la guerre sainte, sous une règle approuvée par le pape. Quand : de la fondation du Temple (vers 1120) au XIVe siècle pour l'âge d'or ; certains vivent encore. Les trois grands : Templiers, Hospitaliers, Teutoniques ; à côté, une vingtaine d'ordres ibériques, baltes et de Terre sainte. Les vœux : pauvreté, chasteté, obéissance, à vie. Les frères : chevaliers (nobles), sergents (roturiers, les plus nombreux), chapelains (prêtres). Le gouvernement : un maître élu à vie, un chapitre général, des dignitaires (sénéchal, maréchal, commandeur, drapier, turcopolier). L'économie : des centaines de commanderies en Occident, qui envoient en Orient les responsions. Le ressort : la discipline du chapitre, où chaque frère s'accuse de ses fautes.

Un ordre militaire fonctionnait comme un monastère qui aurait une armée au bout : des religieux liés par les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, vivant sous une règle, priant les heures, s'accusant de leurs fautes au chapitre — et partant à la guerre en Terre sainte, en Espagne ou sur la Baltique. Derrière quelques centaines de chevaliers en Orient, des milliers de frères et de serviteurs faisaient tourner, dans toute l'Europe, les fermes et les comptes qui les nourrissaient. Ce guide explique cette machine, qui fut l'une des plus belles inventions de la chrétienté médiévale ; le cadre général des croisades se lit dans notre guide complet.

Un ordre militaire en cinq lignes#

Un frère entre à vie, par une profession solennelle, et ne possède plus rien. Il prie comme un moine, mange au réfectoire, dort au dortoir, obéit à son commandeur comme au Christ. S'il est noble et adoubé, il est chevalier et combat à cheval ; sinon il est sergent, soldat ou fermier ; s'il est prêtre, il est chapelain. Sa maison d'Occident produit l'argent, les chevaux et les hommes ; sa maison d'Orient fait la guerre et garde les pèlerins. Le tout est tenu par une règle, un maître et un chapitre — et par une discipline que les armées laïques n'ont jamais égalée.

D'où vient cette idée ? Le contexte#

En 1099, Jérusalem est prise, mais les routes ne sont pas sûres et les croisés rentrent chez eux. Vers 1120, quelques chevaliers autour d'Hugues de Payns décident de rester, de vivre en religieux et de protéger les pèlerins : ce sont les Templiers. Le concile de Troyes leur donne une règle en 1129, saint Bernard écrit pour eux l'Éloge de la nouvelle chevalerie, et l'idée paraît alors inouïe : réunir dans le même homme le moine, qui renonce à tout, et le chevalier, qui porte l'épée.

L'idée prend. Les Hospitaliers, qui soignaient les pèlerins à Jérusalem, prennent les armes au milieu du XIIe siècle ; les Teutoniques naissent au siège d'Acre en 1190 et deviennent ordre militaire en 1198 ; la péninsule Ibérique voit naître Calatrava, Santiago, Alcántara, Avis, et la Baltique les Porte-Glaive — tous présentés dans notre panorama des ordres militaires méconnus. Tous fonctionnent, à quelques variantes près, sur le modèle du Temple.

Les trois vœux, et le quatrième : combattre#

Le frère prononce les Trois vœux des moines. La pauvreté : il ne possède rien en propre, pas même ses armes, qui appartiennent à la maison ; un frère trouvé mort avec de l'argent sur lui est privé de sépulture chrétienne, selon la règle du Temple. La chasteté : il renonce au mariage — sauf à Santiago, qui reçoit des chevaliers mariés, liés par la chasteté conjugale. L'obéissance : il ne fait rien, pas même un voyage ou l'achat d'un cheval, sans l'ordre de son supérieur.

Le « quatrième vœu » n'en est pas un au sens du droit : aucune règle des grands ordres ne fait jurer de combattre. Mais la défense de la Terre sainte et des chrétiens est la raison d'être de l'ordre, et la profession l'engage tout entier à cette fin. Chez les Hospitaliers, le frère se promet d'ailleurs à un autre service : être le serviteur des « seigneurs malades ». Les vœux sont perpétuels : on ne quitte un ordre que pour un ordre plus strict, et le fugitif est un apostat.

Le recrutement : qui entrait, et pourquoi ?#

Le Recrutement des ordres se fait presque tout entier en Occident. La plupart des frères viennent de la petite et moyenne noblesse, du monde des villes et des campagnes ; les fils de grandes familles sont l'exception. On entre adulte, souvent après une vie dans le siècle ; certains veufs, d'anciens croisés, des chevaliers qui veulent finir leurs jours en servant Dieu. La règle du Temple demande qu'on n'admette pas d'enfants : il faut pouvoir porter les armes.

La réception se fait de nuit, en chapitre. Selon les statuts du Temple, on interroge le postulant : est-il marié, fiancé, endetté, serf, membre d'un autre ordre, malade ? Puis on le prévient, en substance : vous voyez nos beaux chevaux et nos beaux habits, mais vous ne voyez pas les durs commandements ; quand vous voudrez être ici, vous serez outre-mer, et quand vous voudrez dormir, il faudra veiller. Pourquoi entrait-on ? Pour son salut d'abord — c'est ce que disent les actes d'entrée —, puis pour la sécurité d'une maison, l'honneur d'un habit, et parfois pour expier une faute.

Frères chevaliers, sergents, chapelains, turcopoles#

Les Frères chevaliers sergents chapelains forment trois classes. Les chevaliers, nobles et déjà adoubés, portent le manteau blanc au Temple et chez les Teutoniques ; ils ont droit à plusieurs chevaux et à un écuyer. Les sergents, roturiers, portent un manteau sombre ; ils sont de loin les plus nombreux : cavaliers plus légers, fantassins, mais aussi maréchaux-ferrants, maçons, bergers, intendants. Les chapelains, prêtres de l'ordre, confessent les frères et disent l'office ; au Temple, ils existent depuis la bulle Omne datum optimum de 1139.

Autour d'eux, une foule d'associés : frères engagés pour un temps (ad terminum), donats et confrères laïques qui se donnent à l'ordre en gardant leurs biens jusqu'à leur mort, serviteurs, esclaves parfois en Orient. Et en Orient, les turcopoles : cavaliers légers recrutés sur place, souvent chrétiens orientaux ou fils de convertis, armés à la turque, commandés par un frère, le turcopolier. C'est grâce à eux que l'ordre peut répondre aux archers montés de l'adversaire.

Le maître, les dignitaires et le chapitre général#

À la tête de chaque ordre, un maître élu à vie — on ne dit « grand maître » que plus tard. Il n'est pas un monarque : il gouverne avec le chapitre et ne peut seul ni déclarer la guerre, ni aliéner un bien, ni recevoir un frère dans les cas graves. Autour de lui, des dignitaires aux noms qui se retrouvent d'un ordre à l'autre : le sénéchal ou grand commandeur, son second ; le maréchal, chef de guerre ; le drapier, qui distribue habits et équipements ; le trésorier ; chez les Hospitaliers, l'hospitalier, maître de l'hôpital ; chez les Teutoniques, le Spittler et le Tressler.

Le Chapitre général, assemblée des grands dignitaires et des maîtres de province, élit le maître, vote les statuts, juge les fautes graves, fixe les responsions. Il se réunit en Orient, puis à Chypre, à Rhodes, à Marienbourg, avec plus ou moins de régularité. En dessous, chaque maison tient son chapitre ordinaire, chaque semaine ou presque : c'est là que se règle la vie quotidienne, et que les frères s'accusent de leurs fautes.

La commanderie : la ferme de l'ordre#

La Commanderie est la cellule de l'ordre en Occident : un domaine rural ou une maison en ville, avec une chapelle, un logis, une grange, des écuries, souvent un moulin, tenu par un commandeur et quelques frères — parfois un seul —, avec des serviteurs et des paysans. Les terres viennent des donations : un seigneur qui part en croisade, un mourant qui veut des prières, une veuve, une ville. Les commanderies se groupent en baillies et en provinces (prieurés chez les Hospitaliers).

Elles cultivent, élèvent des chevaux, encaissent des loyers, des dîmes, des droits de péage, entretiennent les pauvres et les voyageurs. Leurs bâtiments sont sobres et solides ; beaucoup sont encore debout. Les granges de Cressing Temple, en Essex, datées du XIIIe siècle, comptent parmi les plus anciennes charpentes d'Europe ; en France, Coulommiers, Sainte-Eulalie-de-Cernon sur le Larzac, Avalleur ou Arville gardent leur chapelle. Le Temple compte près d'un millier de maisons dans la chrétienté au début du XIVe siècle.

Les responsions : financer l'Orient depuis l'Occident#

Les Responsions sont le lien entre les deux mondes. Chaque année, chaque province d'Occident doit envoyer au couvent d'Orient une part de ses revenus — en principe le tiers, chez les Hospitaliers comme au Temple, avec des variations selon les époques et les malheurs. Elles partent en argent, mais aussi en chevaux, en armes, en draps, en blé, en salaisons, par les ports de Marseille, de Brindisi ou de Messine, au passage de printemps et à celui d'automne.

Ce système fait la force des ordres : une armée permanente en Orient, payée par une économie européenne. Il coûte cher. La reconstruction du château de Safed par le Temple, à partir de 1240, aurait coûté 1 100 000 besants en deux ans et demi, puis 40 000 besants chaque année, selon le récit de l'évêque Benoît de Marseille, De constructione castri Saphet. Quand l'Occident se lasse ou se ruine, les responsions baissent, et la garnison d'Acre le sent. Sur le coût d'une expédition, voir combien coûtait une croisade ?

Les rivalités Temple-Hôpital#

Les Rivalités Temple-Hôpital sont réelles, et les contemporains s'en plaignaient. Deux ordres riches, exempts, jaloux de leurs droits, se disputent des donations, des préséances, des alliances. En 1243-1244, le Temple pousse à l'alliance avec Damas, l'Hôpital à celle avec l'Égypte ; pendant la guerre de Saint-Sabas, à Acre, à partir de 1256, le Temple soutient Venise et l'Hôpital Gênes. Matthieu Paris, moine anglais, accuse les deux ordres de faire durer la guerre pour garder leurs biens.

Il faut dire aussi l'autre face. Sur le champ de bataille, les deux ordres se partagent l'avant-garde et l'arrière-garde, et la règle du Temple ordonne au frère qui a perdu sa bannière de rallier celle de l'Hôpital. À Arsouf, ils encadrent l'armée de Richard ; à Acre en 1291, ils meurent sur la même muraille. L'idée de les fondre en un seul ordre est discutée au concile de Lyon en 1274, puis à nouveau vers 1306 ; Jacques de Molay s'y oppose. Le procès du Temple tranchera autrement.

Les ordres, diplomates et banquiers des rois#

Des religieux qui ne possèdent rien en propre, tiennent des maisons fortes de l'Écosse à Acre et savent compter : les rois en font leurs trésoriers et leurs ambassadeurs. Au Temple de Paris, pendant plus d'un siècle, le trésorier de l'ordre garde de fait le trésor du roi de France. Un pèlerin dépose son argent dans une commanderie et le retire en Orient contre un écrit ; l'ordre avance à Louis VII de quoi poursuivre la deuxième croisade, et en 1250 c'est dans le coffre de la galère du Temple qu'on complète la rançon de Saint Louis — l'histoire est racontée dans les Templiers : histoire complète et dans Saint Louis en Égypte.

Les Ordres diplomates et banquiers servent aussi la paix. Hermann von Salza, grand maître des Teutoniques, est pendant vingt ans l'intermédiaire entre le pape et Frédéric II ; des frères du Temple et de l'Hôpital portent les lettres des rois, négocient les trêves avec les sultans, servent d'aumôniers et de conseillers. Cette confiance était un capital ; elle fut aussi, pour le Temple, la cause de jalousies mortelles.

Les flottes des ordres#

La Flotte des ordres naît d'une nécessité : tout passe par la mer, les hommes, les chevaux, les responsions, les pèlerins. Dès le XIIe siècle, le Temple et l'Hôpital affrètent puis possèdent des navires ; au XIIIe siècle, ils embarquent chaque année des pèlerins à Marseille, au point que la ville, inquiète pour ses propres armateurs, limite en 1233-1234 le nombre de navires qu'ils peuvent y charger. Le commandeur de la terre de Jérusalem, au Temple, est le maître de ses navires.

Après la chute d'Acre en 1291, la mer devient le champ de bataille des Hospitaliers. À Rhodes puis à Malte, leurs galères escortent, patrouillent, combattent ; chaque jeune chevalier doit faire ses « caravanes », des campagnes en mer, avant de recevoir une commanderie. L'ordre devient une marine de guerre, et ses galères sont à Lépante en 1571. Les Teutoniques, eux, tiennent la Baltique par leurs villes hanséatiques.

La discipline : fautes et pénitences#

La Discipline des ordres est leur arme secrète. Au chapitre, chaque frère s'accuse de ses fautes, ou est « proclamé » par un autre ; le chapitre juge. Les Retraits du Temple fixent un barème. Les fautes les plus graves font perdre la maison, c'est-à-dire l'expulsion : simonie, révélation des secrets du chapitre, meurtre d'un chrétien, vol, désertion, conspiration, passage à l'ennemi, hérésie, fuite du champ de bataille tant que flotte la bannière. Viennent ensuite la perte de l'habit, pour un an et un jour, puis les « jours » de pénitence : jeûne au pain et à l'eau, repas pris à terre, hors de la table des frères, travaux avec les esclaves.

Le but n'est pas la peine, mais l'unité. Au combat, nul ne charge sans l'ordre du maréchal, nul ne quitte son rang, et l'escadron tient autour du gonfanon. C'est cette obéissance, plus que la vaillance, qui faisait des frères les meilleurs soldats d'Orient ; les chroniqueurs musulmans le savaient, et Saladin fit exécuter les frères pris à Hattin parce qu'il les tenait pour les plus redoutables de ses adversaires.

Les ordres militaires et les femmes#

La règle du Temple se méfie : « c'est chose périlleuse que compagnie de femmes », dit-elle en substance, et elle interdit de recevoir des sœurs. Elle n'a pas toujours été suivie. Les autres ordres ont fait place aux Femmes et ordres militaires : les Hospitaliers ont eu des couvents de sœurs, dont le monastère royal de Sigena, en Aragon, fondé en 1188 par la reine Sancha de Castille ; Santiago avait ses commanderesses ; les Teutoniques avaient des sœurs, et en ont encore aujourd'hui quelque deux cents.

Les femmes sont surtout des bienfaitrices : reines, comtesses, veuves qui donnent des terres, des églises, leur fortune ; consœurs et donates qui se placent sous la protection de l'ordre et reçoivent ses prières. Sans elles, beaucoup de commanderies n'auraient jamais existé.

Les ordres militaires étaient-ils riches ?#

Oui, comme institutions — et non, comme hommes. La Richesse des ordres était immense à l'échelle de l'Europe : Matthieu Paris prête au Temple neuf mille manoirs et à l'Hôpital dix-neuf mille, chiffres de moine en colère, à prendre avec prudence. Mais cette richesse était faite de terres, de moulins, de loyers et de dépôts, et presque tout repartait en Orient sous forme de châteaux, de garnisons, de chevaux et d'hôpitaux. Un château comme Safed ou le Krak des Chevaliers coûtait plus qu'un royaume ne pouvait payer ; les ordres, eux, le pouvaient.

Les frères, eux, ne possédaient rien. Les inventaires des maisons du Temple dressés en 1307 décrivent des chapelles, du bétail, des outils, quelques livres — rien de prodigieux. Le mythe du trésor caché vient des siècles suivants.

Pourquoi tant de « faux » ordres de chevalerie aujourd'hui ?#

Le prestige des grands ordres a fait naître, du XVIIIe siècle à nos jours, des centaines d'imitations : « Templiers » restaurés, ordres de Saint-Jean concurrents de Malte, ordres « dynastiques » sans dynastie, qui vendent titres, décorations et manteaux. Les Faux ordres de chevalerie n'ont aucun lien de droit ni de continuité avec les ordres médiévaux. Le Saint-Siège l'a rappelé à plusieurs reprises, encore en octobre 2012 : il ne reconnaît, outre ses propres ordres pontificaux, que l'Ordre souverain militaire de Malte et l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Des trois grands ordres médiévaux, deux vivent encore, chacun à sa manière : l'Ordre de Malte, qui soigne sur cinq continents, et l'Ordre teutonique, redevenu ordre religieux à Vienne. Le Temple, lui, a été supprimé en 1312 et n'a pas d'héritier ; ce qu'on en voit aujourd'hui est du costume.

Ce qui demeure#

Il demeure une invention : celle d'hommes qui ont su être à la fois moines et soldats, et qui ont prouvé que la force peut être mise au service de la charité sans se perdre. Ce fut l'idéal de saint Bernard ; ce fut, des centaines de fois, une réalité — au chevet des malades de Jérusalem, sur les murailles d'Acre, sur les galères de Malte. Il demeure une méthode, que bien des institutions ont copiée sans le savoir : une règle écrite, un chapitre qui délibère, des comptes tenus, une discipline consentie, et un but plus grand que soi.

Il demeure des maisons : des centaines de commanderies dans nos campagnes, avec leur chapelle et leur grange, souvent devenues fermes ou mairies, qu'on peut visiter sans savoir qu'elles ont nourri la Terre sainte. Et il demeure deux ordres vivants, l'Hôpital et les Teutoniques, qui continuent le service sous le même habit. Ce qu'il reste ailleurs des croisades est raconté dans que reste-t-il des croisades aujourd'hui ?

Pour aller plus loin#

Sources

Textes. La Règle du Temple et ses Retraits, éd. Henri de Curzon (1886), trad. anglaise J. M. Upton-Ward (1992) ; saint Bernard, De laude novae militiae (vers 1130) ; Innocent II, Omne datum optimum (29 mars 1139) ; la règle de Raymond du Puy et les statuts de l'Hôpital dans le Cartulaire général de l'ordre des Hospitaliers, éd. J. Delaville Le Roulx (1894-1906) ; les Statuts de l'ordre Teutonique, éd. Max Perlbach (1890) ; De constructione castri Saphet (vers 1260), éd. R. B. C. Huygens ; Matthieu Paris, Chronica majora, année 1244 ; Joinville, Vie de Saint Louis, § 381-383. Historiens. Alain Demurger, Chevaliers du Christ. Les ordres religieux-militaires au Moyen Âge (Seuil, 2002) ; Alan Forey, The Military Orders from the Twelfth to the Early Fourteenth Centuries (Macmillan, 1992) ; Malcolm Barber, The New Knighthood. A History of the Order of the Temple (1994) ; Nicole Bériou et Philippe Josserand (dir.), Prier et combattre. Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge (Fayard, 2009) ; Damien Carraz, L'Ordre du Temple dans la basse vallée du Rhône (1124-1312) (2005), pour les commanderies.

Questions fréquentes#

Qu'est-ce qu'un ordre militaire ?

Une communauté de religieux qui prononcent les trois vœux monastiques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance et qui font la guerre pour défendre les chrétiens et les lieux saints. Les trois grands sont le Temple (vers 1120), l'Hôpital (militarisé au XIIe siècle) et les Teutoniques (1198).

Les chevaliers des ordres militaires étaient-ils des moines ?

Oui : ils étaient religieux au sens plein, liés à vie par des vœux, soumis à une règle approuvée par le pape, astreints aux offices, au jeûne et au chapitre. Mais ce n'étaient pas des prêtres : seuls les frères chapelains étaient ordonnés.

Qu'est-ce qu'une commanderie ?

La maison de base d'un ordre militaire en Occident : un domaine agricole avec chapelle, grange et logis, tenu par quelques frères sous un commandeur. Elle produisait les revenus, les chevaux et les recrues envoyés en Orient.

Comment les ordres militaires finançaient-ils la guerre en Terre sainte ?

Par les responsions : chaque province d'Occident envoyait chaque année en Orient une part de ses revenus, en principe le tiers chez les Hospitaliers et les Templiers, en argent, en chevaux, en armes et en vivres.

Pouvait-on quitter un ordre militaire ?

Non, les vœux étaient perpétuels. On ne pouvait que passer, avec permission, dans un ordre plus strict, comme les Chartreux ou les Cisterciens. Le frère qui s'enfuyait était un apostat, et l'expulsion de la maison était la peine la plus lourde de la règle.

Les ordres de chevalerie d'aujourd'hui descendent-ils des Templiers ?

Non. Des grands ordres médiévaux, seuls survivent l'Ordre de Malte, héritier des Hospitaliers, et l'Ordre teutonique, devenu ordre religieux. Les « Templiers » et la plupart des ordres qui vendent des titres sont des créations privées récentes, que le Saint-Siège a dit ne pas reconnaître.

À lire aussi