Les Hospitaliers (1113-aujourd'hui) : histoire complète

Hospice de Jérusalem reconnu en 1113, ordre armé du Krak, puissance navale à Rhodes et Malte, Ordre de Malte aujourd'hui : neuf siècles d'histoire.

Romain Croisade 15 min

Mis à jour le 12 octobre 2026

Des frères hospitaliers en manteau noir à croix blanche montent la garde sur un rempart au-dessus de la mer et des galères, tandis que d'autres soignent des pèlerins alités dans une salle voûtée

En bref

Nom : ordre de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, aujourd'hui Ordre souverain de Malte. Origine : un hospice pour pèlerins près du Saint-Sépulcre, vers 1070. Reconnaissance : bulle Pie postulatio voluntatis, Pascal II, 15 février 1113. Fondateur : le bienheureux Gérard (mort en 1120) ; militarisation sous Raymond du Puy (1120-1160). Sièges successifs : Jérusalem, Acre (1191-1291), Chypre (1291), Rhodes (1310-1522), Malte (1530-1798), Rome (1834). Places fortes : Krak des Chevaliers, Marqab, Belvoir ; Rhodes ; La Valette. Grands sièges : Rhodes 1480 (victoire) et 1522 (capitulation honorable), Malte 1565 (victoire). Aujourd'hui : environ 13 500 membres, œuvres médicales dans plus de 120 pays.

Les Hospitaliers sont l'ordre religieux né à Jérusalem pour soigner les pèlerins, reconnu par le pape en 1113, devenu ordre militaire au XIIe siècle, puis maître de Rhodes et de Malte — et qui existe toujours sous le nom d'Ordre de Malte. De toutes les institutions nées des croisades, c'est la seule qui n'ait jamais disparu, et elle fait encore ce qu'elle faisait en 1100 : servir « nos seigneurs les malades ». Ce guide raconte ses neuf siècles et résume chacun des grands moments de son histoire ; la présentation courte se lit dans les Hospitaliers, de Jérusalem à Malte, le cadre général dans notre guide complet des croisades.

Les Hospitaliers en cinq lignes#

Une maison d'accueil pour pèlerins, devenue en un demi-siècle l'un des plus grands hôpitaux du monde chrétien. Un ordre de frères voués à la pauvreté, à la chasteté et à l'obéissance, qui prend les armes pour garder la Terre sainte et tient ses plus beaux châteaux. Une puissance navale qui, chassée de Syrie, tient deux siècles Rhodes puis deux siècles et demi Malte face aux Turcs. Un État souverain sans territoire depuis 1798. Et, de bout en bout, la même règle : le malade est le seigneur, le frère est son serviteur.

D'où viennent-ils ? Jérusalem avant les croisés#

Le pèlerinage à Jérusalem n'a pas attendu les croisades. Vers 1070, des marchands d'Amalfi, cité italienne qui commerce avec l'Égypte fatimide, obtiennent du calife le droit de fonder près du Saint-Sépulcre un monastère bénédictin, Sainte-Marie-Latine, et un hospice pour les pèlerins latins pauvres ou malades, dédié à saint Jean-Baptiste. On y loge, on y nourrit, on y soigne ceux qui ont fait à pied le voyage d'Occident. Quand l'armée de la première croisade arrive devant la ville en juin 1099, l'hospice est toujours là, tenu par une petite communauté de frères laïcs.

Le bienheureux Gérard, fondateur de l'Hôpital#

Son recteur s'appelle Gérard ; on ne sait presque rien de ses origines, sinon qu'il venait d'Occident. La tradition raconte que, pendant le siège, il jetait du haut des murs des pains aux croisés affamés, et qu'arrêté par les Fatimides, les pains se changèrent en pierres dans ses mains — c'est une légende, et elle dit bien ce qu'on a voulu voir en lui : un homme qui nourrit. Ce que l'histoire sait, c'est qu'après le 15 juillet 1099 Gérard met sa maison au service des blessés, que Godefroy de Bouillon et Baudouin Ier la dotent de terres, et que les pèlerins guéris lui donnent des biens en Provence, en Italie et en Espagne.

Le 15 février 1113, le pape Pascal II reconnaît l'Hôpital par la bulle Pie postulatio voluntatis : il en fait un ordre religieux indépendant, placé sous la seule protection du Saint-Siège, avec le droit d'élire son chef sans ingérence. C'est l'acte de naissance de l'ordre. Gérard meurt le 3 septembre 1120 ; ses reliques reposent aujourd'hui à La Valette, et l'ordre le vénère comme bienheureux.

L'hôpital de Jérusalem : deux mille lits#

L'Hôpital de Jérusalem est la merveille de la ville franque. Le pèlerin allemand Jean de Wurzbourg, vers 1165, y compte environ deux mille malades ; les statuts de l'ordre, rédigés sous le maître Roger des Moulins en 1182, en décrivent le fonctionnement : quatre médecins et quatre chirurgiens salariés, des lits séparés avec couvertures et draps, du pain blanc, de la viande trois fois par semaine, des berceaux pour les enfants nés des pèlerines, des soins pour les enfants abandonnés. Chaque soir, après la prière, les frères proclament dans les salles la prière des malades, où ils demandent à Dieu de bénir les bienfaiteurs de la maison.

La règle dit l'essentiel : le malade est reçu « comme un seigneur », il communie et se confesse en entrant, puis on le couche et on le nourrit avant les frères eux-mêmes. Selon des sources de l'époque, musulmans et juifs y étaient admis ; l'ordre n'imposait pas la foi pour soigner. La médecine hospitalière du XIIe siècle, mêlant savoir latin, grec et oriental, n'avait pas notre science, mais elle avait déjà notre principe : on soigne tout le monde, et d'abord les pauvres.

Raymond du Puy : de l'hôpital à l'ordre militaire#

Le successeur de Gérard, Raymond du Puy (1120-1160), donne à l'ordre sa règle écrite et sa seconde vocation. Le royaume manque d'hommes ; les Templiers, fondés vers 1120, montrent qu'un ordre religieux peut porter les armes. En 1136, le roi Foulque confie aux Hospitaliers le château de Bethgibelin, face à Ascalon ; en 1142, le comte de Tripoli leur cède le Krak des Chevaliers. Dans les années 1150, des frères chevaliers combattent au siège d'Ascalon.

La militarisation n'efface pas l'hôpital : elle s'y ajoute. Les statuts du XIIe siècle réaffirment que l'ordre est d'abord hospitalier, et le pape Alexandre III rappelle vers 1180 que les frères ne doivent prendre les armes qu'en cas de nécessité. Mais la nécessité est permanente : vers 1180, l'Hôpital peut aligner quelques centaines de chevaliers en Terre sainte, et il est devenu, avec le Temple, l'un des deux bras armés du royaume de Jérusalem.

Les langues de l'ordre : une chrétienté en miniature#

L'ordre vit de ses biens d'Occident. Ses maisons, les commanderies, sont groupées en prieurés, et les prieurés en langues, selon l'origine des frères : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Angleterre et Allemagne, auxquelles s'ajoute Castille en 1462. Chaque langue envoie en Orient ses frères et ses revenus, les responsions, et tient au couvent une charge : à la langue de Provence le grand commandeur, à celle de France le grand hospitalier, à celle d'Italie l'amiral.

Ce système, fixé à Rhodes au XIVe siècle, a fait la solidité de l'ordre : une armée internationale, nourrie par toute l'Europe, où le chevalier gascon et le chevalier bavarois prient dans la même église et défendent chacun son morceau de rempart. À Rhodes comme à La Valette, chaque langue avait son « auberge » — certaines se visitent encore — et son poste sur la muraille.

Les forteresses hospitalières : Krak, Marqab, Belvoir#

Au XIIe siècle, l'Hôpital reçoit des secteurs entiers de frontière que les barons ne peuvent plus tenir. Le Krak des Chevaliers, sur la route de Homs à la mer, devient la plus grande forteresse d'Orient : double enceinte, glacis, tours rondes, une garnison qui pouvait compter, dit-on, deux mille hommes. Belvoir, acheté en 1168, surveille le Jourdain du haut de son plateau : château carré à enceinte concentrique, il résiste après Hattin jusqu'en janvier 1189. Marqab, acquis en 1186, domine la côte syrienne de ses murs de basalte noir.

Le Krak tombe devant Baybars le 8 avril 1271, par une fausse lettre qui ordonnait la reddition ; Marqab devant Qalawun le 25 mai 1285, après qu'une mine a fait s'effondrer la tour principale. Les deux châteaux sont encore debout, car le vainqueur les a gardés. Leur histoire est racontée dans le Krak des Chevaliers et dans la fin des États latins.

Les Hospitaliers dans les batailles des croisades#

Les frères de l'Hôpital sont de toutes les grandes journées. À la source de Cresson, le 1er mai 1187, leur maître Roger des Moulins tombe avec presque tous les combattants. À Hattin, le 4 juillet, les frères pris vivants sont exécutés avec les Templiers sur ordre de Saladin, qui voyait en eux les plus redoutables de ses adversaires. À Arsouf, le 7 septembre 1191, c'est leur maréchal et un autre chevalier qui, excédés par le harcèlement à l'arrière-garde, lancent la charge que Richard Cœur de Lion transforme en victoire.

Au XIIIe siècle, l'ordre combat à Damiette, à Mansourah, à la Forbie en 1244. Au dernier siège d'Acre, en mai 1291, le maître Jean de Villiers est grièvement blessé sur la brèche et emporté de force sur un navire par ses frères ; le maréchal Mathieu de Clermont meurt en combattant dans les rues. Le récit de ce dernier jour est dans la chute d'Acre, 1291.

Rhodes (1310-1522) : la puissance navale#

Réfugié à Chypre, l'ordre comprend qu'il lui faut une terre à lui. Entre 1306 et 1310, le maître Foulques de Villaret conquiert Rhodes, île byzantine aux mains de corsaires. L'ordre y devient une puissance de la mer : ses galères escortent les pèlerins, harcèlent les flottes turques, prennent Smyrne en 1344 avec une ligue chrétienne. En 1312, le concile de Vienne lui attribue les biens du Temple supprimé ; l'Hôpital en sort plus riche qu'il n'a jamais été. Les Hospitaliers sont désormais les « chevaliers de Rhodes » ; ils bâtissent la ville haute, la rue des Chevaliers et le palais des grands maîtres, qui sont encore là.

Rhodes a aussi son hôpital : le grand hôpital construit au XVe siècle, dont la salle des malades est aujourd'hui un musée. L'ordre n'oublie pas sa première vocation, même devenu marine de guerre.

Le siège de Rhodes de 1480 : Pierre d'Aubusson#

En 1453, Constantinople tombe ; Rhodes est désormais en première ligne. En mai 1480, le sultan Mehmed II envoie contre l'île une grande flotte et une armée commandée par Mesih Pacha. Le grand maître Pierre d'Aubusson, un Limousin, tient la ville trois mois sous un bombardement d'artillerie lourde. L'assaut final, fin juillet, échoue sur les remparts de la tour d'Italie ; d'Aubusson, blessé de plusieurs coups, est resté en tête. Les Ottomans lèvent le siège en août. Mehmed II meurt l'année suivante, avant d'avoir pu revenir. Toute l'Europe célèbre Rhodes ; le pape Innocent VIII fera d'Aubusson cardinal en 1489.

La chute de Rhodes en 1522 : six mois et une capitulation d'honneur#

Quarante ans plus tard, le jeune sultan Soliman le Magnifique revient avec une armée considérable, que les chroniqueurs chrétiens comptent par centaines de milliers et que les historiens réduisent à plusieurs dizaines de milliers. Le siège commence le 26 juin 1522. Face à lui, le grand maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam n'a guère plus de 600 chevaliers et quelques milliers de soldats et d'habitants. Mines, contre-mines, assauts repoussés : la ville tient six mois.

Le 20 décembre 1522, à bout de vivres et de poudre, sans secours de l'Occident, le grand maître accepte la capitulation. Soliman accorde aux survivants de partir avec leurs armes, leurs reliques et leurs archives ; on rapporte qu'il dit, en voyant le vieux grand maître s'embarquer, regretter de chasser cet homme de sa maison. Les Hospitaliers quittent l'île le 1er janvier 1523. Le pape Adrien VI salue Villiers de L'Isle-Adam comme défenseur de la foi.

Malte (1530-1798) et le Grand Siège de 1565#

Pendant sept ans, l'ordre erre — Crète, Messine, Viterbe, Nice. En 1530, Charles Quint lui cède l'archipel de Malte et la place de Tripoli de Barbarie, contre l'hommage annuel d'un faucon. L'île est pauvre et sèche ; l'ordre en fait une forteresse.

En mai 1565, Soliman envoie contre elle une armée de plusieurs dizaines de milliers d'hommes. Le grand maître Jean de La Valette, soixante-dix ans, dispose de quelque 500 à 600 chevaliers et de 6 000 à 8 000 soldats et Maltais. Le fort Saint-Elme tient un mois et tombe le 23 juin, ses défenseurs tués jusqu'au dernier ; les Turcs font flotter leurs corps crucifiés vers les forts voisins. La Valette répond par la même cruauté, et l'on n'en parle pas ici pour la glorifier : c'est la mesure de ce que fut ce siège. Le Birgu et Senglea tiennent tout l'été sous les assauts. Le 7 septembre arrive enfin le Gran Soccorso envoyé de Sicile ; le 8, fête de la Nativité de la Vierge, les Ottomans se rembarquent. Malte célèbre encore ce jour comme sa fête de la Victoire.

La ville neuve bâtie après le siège porte le nom du grand maître : La Valette.

Lépante (1571) et les galères de Malte#

Six ans plus tard, le 7 octobre 1571, les galères de l'ordre sont à Lépante, dans la flotte de la Sainte Ligue voulue par saint Pie V. Placées à l'aile droite, elles subissent l'un des chocs les plus durs : la capitane de Malte est un temps prise par les corsaires d'Uludj Ali avant d'être reprise. La victoire, que le pape attribue à la prière du Rosaire, arrête l'expansion ottomane en Méditerranée occidentale ; l'Église en fait la fête de Notre-Dame du Rosaire. Pendant deux siècles encore, les « caravanes » des galères de Malte, campagnes en mer obligatoires pour tout jeune chevalier, protégeront les côtes chrétiennes des corsaires barbaresques.

Bonaparte à Malte (1798) et l'ordre sans territoire#

Le XVIIIe siècle voit l'ordre décliner : la Révolution française confisque ses commanderies en 1792, ses revenus s'effondrent. Le 9 juin 1798, la flotte de Bonaparte, en route vers l'Égypte, se présente devant Malte ; le grand maître Ferdinand von Hompesch, qui refuse que des chevaliers tirent sur des chrétiens et dont la garnison est divisée, capitule le 12 juin. L'ordre est chassé de l'île qu'il gouvernait depuis deux cent soixante-huit ans.

Il erre de nouveau — Saint-Pétersbourg, Catane, Ferrare — et s'installe à Rome en 1834, dans le palais de la via Condotti, qui jouit encore de l'extraterritorialité. Il a perdu son île ; il a gardé sa souveraineté et sa règle.

L'Ordre de Malte aujourd'hui#

L'Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte est aujourd'hui un sujet de droit international, qui entretient des relations diplomatiques avec plus de 110 États et siège comme observateur aux Nations unies. Il compte environ 13 500 membres — chevaliers et dames, tous laïcs, dont un petit nombre de profès qui prononcent encore les trois vœux —, quelque 80 000 bénévoles et 42 000 salariés, en majorité médicaux. Il gère des hôpitaux, des centres pour personnes âgées et handicapées, des soins palliatifs, des secours d'urgence, et mène des œuvres dans plus de 120 pays. En France, ses œuvres hospitalières sont connues sous le nom d'Ordre de Malte France.

Ce qui demeure#

Il demeure une maison qui n'a jamais fermé. En 1099, un frère nommé Gérard recevait les blessés de la croisade à la porte d'un hospice ; aujourd'hui, ses successeurs reçoivent les malades, les réfugiés et les mourants sur cinq continents. Neuf siècles, quatre exils, la perte de deux îles, la confiscation de leurs biens par deux révolutions : rien n'a interrompu le service. C'est peut-être la plus belle preuve que la croisade n'était pas d'abord une guerre, mais une charité armée — et que, les armes déposées, la charité est restée.

Il demeure des pierres : le Krak et Marqab en Syrie, Belvoir en Galilée, les salles des Chevaliers à Acre, la rue des Chevaliers et le grand hôpital de Rhodes, La Valette entière, inscrite au patrimoine mondial. Il demeure des noms qu'on peut proposer en exemple : Gérard qui nourrissait, Raymond du Puy qui fit des infirmiers des soldats sans qu'ils cessent d'être infirmiers, Jean de Villiers emporté blessé d'Acre, Pierre d'Aubusson sur la brèche de Rhodes, Jean de La Valette qui tint quatre mois. Et il demeure la croix blanche sur fond noir, qui dit toujours la même chose : servir les pauvres du Christ, et les défendre.

Pour aller plus loin#

Sources

Sources médiévales et modernes. Bulle Pie postulatio voluntatis de Pascal II (15 février 1113) et Cartulaire général de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, éd. Joseph Delaville Le Roulx (1894-1906), qui contient la règle de Raymond du Puy et les statuts de Roger des Moulins (1182) ; Jean de Wurzbourg, Descriptio Terrae Sanctae, vers 1165 ; Guillaume de Tyr, Chronicon, XVIII, 3-8 ; le Templier de Tyr, dans les Gestes des Chiprois, pour Acre en 1291 ; Guillaume Caoursin, Obsidionis Rhodiae urbis descriptio (1480), vice-chancelier de l'ordre, témoin du premier siège de Rhodes ; Francisco Balbi di Correggio, La Verdadera relación de todo lo que el anno de MDLXV ha succedido en la isla de Malta, arquebusier pendant le Grand Siège. Historiens. Alain Demurger, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317 (Tallandier, 2013) ; Jonathan Riley-Smith, The Knights Hospitaller in the Levant, c. 1070-1309 (2012) ; Anthony Luttrell, The Hospitallers in Cyprus, Rhodes, Greece and the West ; Bertrand Galimard Flavigny, Histoire de l'ordre de Malte (Perrin, 2006) ; Ernle Bradford, Le Grand Siège, Malte 1565. Site officiel : Ordre souverain de Malte.

Questions fréquentes#

Qui a fondé les Hospitaliers ?

Le bienheureux Gérard, recteur de l'hospice Saint-Jean de Jérusalem fondé vers 1070 par des marchands d'Amalfi. Le pape Pascal II reconnaît l'Hôpital comme ordre indépendant par la bulle Pie postulatio voluntatis du 15 février 1113 ; Gérard meurt en 1120.

Quand les Hospitaliers sont-ils devenus un ordre militaire ?

Progressivement, sous le maître Raymond du Puy (1120-1160) : l'ordre reçoit des châteaux à garder à partir de 1136 (Bethgibelin) et le Krak des Chevaliers en 1142. Sa vocation hospitalière reste pourtant première dans sa règle.

Que sont devenus les Hospitaliers après la chute d'Acre ?

Ils se replient à Chypre en 1291, conquièrent Rhodes entre 1306 et 1310 et la tiennent jusqu'en décembre 1522, puis reçoivent Malte de Charles Quint en 1530 et la gouvernent jusqu'à l'arrivée de Bonaparte, le 12 juin 1798.

Quelle est la différence entre les Hospitaliers et l'Ordre de Malte ?

Aucune : c'est le même ordre, sous des noms successifs. Son nom officiel est aujourd'hui Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte ; il siège à Rome depuis 1834.

Combien de membres compte l'Ordre de Malte aujourd'hui ?

Environ 13 500 membres, soutenus par quelque 80 000 bénévoles et 42 000 salariés, surtout médicaux. L'ordre entretient des relations diplomatiques avec plus de 110 États.

Pourquoi la croix des Hospitaliers a-t-elle huit pointes ?

La croix blanche de l'ordre prend sa forme à huit pointes à l'époque de Rhodes et de Malte. Une tradition tardive y lit les huit béatitudes ; d'autres y voient les huit langues de l'ordre. Au XIIe siècle, c'était une simple croix blanche sur manteau noir.

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