Les châteaux des croisés : le guide complet
Krak des Chevaliers, Kérak, Saône, Marqab, Château-Pèlerin, Safed : les forteresses franques d'Orient (1099-1291), qui les a bâties, comment elles sont tombées.
Mis à jour le 13 octobre 2026

En bref
Période : 1099-1291, de la prise de Jérusalem à l'évacuation de Château-Pèlerin. Où : de la Cilicie au golfe d'Aqaba, sur la côte, les routes et les frontières des quatre États latins. Bâtisseurs : les rois et les barons au XIIe siècle, puis surtout les ordres militaires — Hospitaliers (Krak, Marqab, Belvoir), Templiers (Tortose, Chastel Blanc, Safed, Château-Pèlerin), Teutoniques (Montfort). Les plus célèbres : Krak des Chevaliers, Kérak, Montréal, Saône, Marqab, Château-Pèlerin, Beaufort. Adversaires : Nour ad-Din, Saladin (1187-1189), puis les sultans mamelouks Baybars et Qalawun (1263-1291). Fin : Château-Pèlerin et Tortose évacués en août 1291 ; l'îlot de Rouad, dernier poste, tombe en 1302.
Les châteaux des croisés sont les forteresses que les Francs ont bâties, reprises ou agrandies en Orient entre 1099 et 1291 pour tenir une terre qu'ils n'avaient pas les hommes de garder autrement. Ce guide en est le pilier : il dit pourquoi on les a construits, comment, et ce que fut chacune des grandes places, du Krak des Chevaliers à Château-Pèlerin ; les articles détaillés s'y ajouteront au fil de leur publication. Pour l'histoire des États qu'ils défendaient, lisez le guide complet des croisades et celui du royaume de Jérusalem.
Les châteaux des croisés en cinq lignes#
- Pourquoi ? Le manque d'hommes : une garnison de quelques dizaines de chevaliers derrière de bons murs vaut une armée en rase campagne.
- Combien ? Plusieurs centaines de sites fortifiés, dont une cinquantaine de grandes places.
- Qui ? Les rois et barons au XIIe siècle ; les ordres militaires, seuls assez riches pour les entretenir, au XIIIe.
- Les sommets : le Krak des Chevaliers, Marqab, Château-Pèlerin — l'art militaire le plus avancé de son temps.
- La fin : Saladin en prend la plupart en 1187-1189 ; les Mamelouks emportent le reste de 1265 à 1291.
Pourquoi tant de châteaux ?#
Au lendemain de la prise de Jérusalem, la plupart des croisés rentrent chez eux : Godefroy de Bouillon garde, selon Foucher de Chartres, à peine trois cents chevaliers. Le royaume naît avec une poignée de défenseurs au milieu de populations nombreuses et de voisins hostiles. Le château est la réponse à cette disproportion. Il tient une route de pèlerinage, verrouille un gué ou un col, surveille une ville musulmane restée insoumise — Ascalon jusqu'en 1153 —, abrite les paysans en cas de raid et sert de centre à une seigneurie qui lève les impôts et rend la justice.
Il ne faut pas imaginer une ligne Maginot. L'historien R. C. Smail l'a montré : les châteaux n'arrêtaient pas une armée d'invasion, ils l'obligeaient à s'arrêter, à assiéger et à s'user pendant que l'armée de campagne se rassemblait. Tout repose sur ce couple. Tant qu'existe une armée de secours, les châteaux tiennent ; quand elle disparaît, à Hattin en 1187, ils tombent les uns après les autres, faute d'espoir plus que de pierres.
Comment on construisait un château croisé#
Les Francs ont d'abord repris ce qui existait : forts byzantins de Syrie du Nord (Saône, Bourzey), citadelles arabes des villes côtières, tours romaines. Puis ils ont bâti, souvent sur le modèle du castrum rectangulaire à tours d'angle, hérité de Byzance, avant d'inventer à la fin du XIIe siècle les grandes forteresses concentriques : deux enceintes emboîtées, la seconde plus haute que la première, de sorte que les défenseurs tirent par-dessus leurs propres camarades. Le glacis, talus maçonné au pied des murs, empêche la sape et fait ricocher les projectiles ; les fossés sont taillés dans le roc, les citernes calculées pour des années.
Les chantiers employaient des maçons venus d'Occident, des ouvriers syriens et des prisonniers. Le récit de la reconstruction de Safed par les Templiers, le De constructione castri Saphet, donne la mesure de ces machines : une garnison de 1 700 hommes en temps de paix, 2 200 en temps de guerre, des dépenses qui engloutissent les revenus de l'ordre. Le futur article sur la construction d'un château croisé détaillera ces techniques.
Défense, colonisation ou domination ?#
T. E. Lawrence, qui parcourut ces ruines à pied en 1909 pour sa thèse d'Oxford, voyait dans les châteaux francs l'œuvre d'architectes occidentaux ; d'autres y ont vu la copie de modèles byzantins et arabes. La recherche récente — Ronnie Ellenblum, Hugh Kennedy, Denys Pringle — a déplacé la question : beaucoup de châteaux ne gardent pas une frontière mais un territoire rural, à côté de villages francs où des colons vivaient, cultivaient et priaient. Le château croisé est à la fois un rempart, un centre de seigneurie et l'abri d'une population chrétienne, latine et orientale. Ce débat aura son article.
Le Krak des Chevaliers et la trouée de Homs#
Le Krak des Chevaliers est le plus célèbre des châteaux d'Orient. Donné aux Hospitaliers en 1142 par le comte de Tripoli, reconstruit après le séisme de 1170, il garde la trouée de Homs, seul passage entre la côte et la vallée de l'Oronte. Saladin passe devant en 1188 sans l'attaquer. Il ne tombe que le 8 avril 1271, devant Baybars, après un mois de siège et, selon la tradition, une fausse lettre du grand maître ordonnant la reddition. Tout est raconté dans Le Krak des Chevaliers, la forteresse parfaite.
Le Krak n'est pas seul : il commande un réseau de places qui ferment la trouée — Chastel Blanc, Arima, Akkar, Tortose sur la côte —, réparties entre Hôpital et Temple. Un futur article sur cette frontière fortifiée montrera comment ces châteaux se voyaient et s'appelaient par signaux.
Outre-Jourdain : Kérak et Montréal#
Au-delà de la mer Morte, la seigneurie d'Outre-Jourdain tient la route des caravanes entre Damas et l'Égypte et celle du pèlerinage de La Mecque. Montréal (Shawbak) est fondé en 1115 par le roi Baudouin Ier, premier grand château franc au sud. Kérak de Moab est élevé à partir de 1142 par Payen le Bouteiller ; il devient le repaire de Renaud de Châtillon, dont les raids sur les caravanes et jusqu'en mer Rouge exaspèrent Saladin. Le sultan l'assiège en 1183 pendant les noces d'Onfroy de Toron et d'Isabelle, et, raconte Ernoul, épargne la tour des jeunes mariés. Après Hattin, les deux places résistent plus d'un an, isolées : Kérak capitule en novembre 1188, Montréal en mai 1189, au terme d'une famine.
Saône et Bourzey : la Syrie du Nord#
Dans les montagnes au-dessus de Lattaquié, Saône (Sahyoun, aujourd'hui Qal'at Salah ad-Din) est une ancienne place byzantine agrandie par les seigneurs francs de la principauté d'Antioche. Son fossé, taillé à main d'homme dans le roc sur près de trente mètres de profondeur, laisse debout une aiguille de pierre qui portait le pont. Elle tombe pourtant en trois jours devant Saladin, le 29 juillet 1188, sous le feu de ses mangonneaux. Bourzey, nid d'aigle au-dessus de l'Oronte, cède le mois suivant. Ces chutes rapides disent l'effondrement moral qui suit Hattin.
Marqab, Belvoir : les forteresses hospitalières#
Sur un cône volcanique dominant la mer, Marqab passe aux Hospitaliers en 1186 ; ils en font l'une des plus grandes forteresses d'Orient, qui résiste à Saladin en 1188 puis aux raids de Baybars. Il faut à Qalawun, en 1285, une mine sous la tour de l'Éperon pour obtenir la reddition, le 25 mai : la garnison sort libre avec ses armes. Belvoir, perché à cinq cents mètres au-dessus du Jourdain, acheté par l'Hôpital en 1168, est le premier château concentrique parfaitement régulier du royaume ; il tient dix-huit mois après Hattin et capitule le 5 janvier 1189, ses défenseurs étant laissés libres de gagner Tyr. L'histoire de l'ordre qui les bâtit est dans les Hospitaliers, histoire complète.
Les châteaux du Temple : Tortose, Chastel Blanc, Safed, Château-Pèlerin, Beaufort#
Les Templiers tiennent au XIIIe siècle les places les plus exposées. Tortose, sur la côte du comté de Tripoli, leur est confiée en 1152 ; sa cathédrale Notre-Dame, l'une des plus anciennes églises mariales de pèlerinage, est encore debout, et son donjon résiste à Saladin en 1188 alors que la ville est prise. Chastel Blanc, à Safita, est un donjon-église : la chapelle Saint-Michel occupe le rez-de-chaussée et sert encore aujourd'hui de paroisse grecque orthodoxe ; il tombe en 1271.
Safed, en Haute-Galilée, perdu en 1188, est rebâti par le Temple à partir de 1240 à l'instigation de l'évêque de Marseille Benoît d'Alignan ; Baybars l'assiège en juillet 1266 et fait exécuter la garnison qui s'était rendue sur promesse de vie sauve. Château-Pèlerin (Atlit), bâti à partir de 1218 avec l'aide des pèlerins de la cinquième croisade qui lui donnèrent son nom, n'a jamais été pris : les Templiers l'évacuent le 14 août 1291. Beaufort, au-dessus du Litani, pris par le roi Foulques en 1139, défendu en 1189-1190 par Renaud de Sidon qui y tient près d'un an, revient aux Francs en 1240, est vendu au Temple en 1260 et tombe devant Baybars le 15 avril 1268.
Montfort et Toron : la Galilée de l'intérieur#
Montfort (Starkenberg), sur un éperon boisé au nord-est d'Acre, est le château des chevaliers Teutoniques, bâti à partir des années 1220 pour abriter les archives et le trésor de l'ordre ; il capitule devant Baybars en juin 1271. Toron (Tibnin), élevé vers 1105 par Hugues de Saint-Omer, prince de Galilée, contrôle la route de Tyr à Damas ; repris par Saladin en 1187, il arrête en 1197-1198 la croisade allemande, qui lève le siège à l'annonce de la mort de l'empereur Henri VI.
Le Gué de Jacob, les forteresses face à Ascalon, Baniyas, le Thabor#
Le Gué de Jacob (Chastellet) est l'histoire la plus brève et la plus poignante : construit par Baudouin IV d'octobre 1178 au printemps 1179 sur la route de Damas, confié aux Templiers, il est emporté par Saladin le 30 août 1179, avant d'être achevé ; les fouilles y ont retrouvé les corps des défenseurs et les outils des maçons. Plus au sud, Beth Gibelin (1136, confié aux Hospitaliers), Ibelin (1141) et Blanchegarde (1142) encerclent Ascalon, restée égyptienne, jusqu'à sa prise par Baudouin III en 1153 ; d'Ibelin sortira la plus grande famille du royaume.
Baniyas, au pied de l'Hermon, est la clé de la frontière avec Damas : livrée aux Francs en 1129, perdue, reprise en 1140, assiégée plusieurs fois, elle tombe devant Nour ad-Din en 1164. Le mont Thabor, enfin, est le cas inverse : une forteresse ayyoubide élevée vers 1211 sur la montagne de la Transfiguration, que les croisés de 1217 assiègent en vain et que les musulmans démantèlent eux-mêmes l'année suivante.
Les villes fortes de la côte : Jérusalem, Acre, Tyr, Jaffa, Césarée#
À côté des châteaux, les villes. À Jérusalem, la tour de David est la citadelle des rois ; ses remparts, démantelés en 1219 par le sultan de Damas, laisseront la ville ouverte quand Frédéric II la récupère par traité en 1229. Acre, reprise par la troisième croisade en 1191, devient la capitale du second royaume, avec une double enceinte et ses quartiers d'ordres et de marchands italiens ; sa chute est racontée dans la chute d'Acre (1291). Tyr, sur sa presqu'île, est la ville imprenable qui refuse Saladin en 1187 et sauve le royaume. Jaffa est le port de Jérusalem, que Richard reprend en 1192. À Césarée, saint Louis relève de ses mains les murailles en 1251-1252 — on lit encore leurs fossés et leurs glacis, parmi les mieux conservés de Terre sainte.
Les autres villes fortes : Beyrouth, Sidon, Antioche, Édesse, Tripoli, Ascalon, Arsouf, Tibériade#
Beyrouth est la ville des Ibelin, dont le « Vieux Sire » Jean fait décorer le château de mosaïques et de marbres que décrit un ambassadeur allemand en 1212. Sidon garde son château de la Mer, bâti par les croisés sur un îlot en 1227-1228, debout aujourd'hui. Antioche s'abrite derrière les murailles de Justinien, longues de plus de dix kilomètres, qui ont arrêté les croisés huit mois en 1097-1098. Édesse, la « ville aux mille églises », est perdue en 1144. À Tripoli, Raymond de Saint-Gilles fait élever dès 1103 le château du Mont-Pèlerin pour assiéger la ville, prise en 1109. Ascalon, clé de l'Égypte, est démantelée en 1191 par Saladin et refortifiée par Richard Cœur de Lion puis par Richard de Cornouailles en 1240. Arsouf, au nord de Jaffa, tient la mémoire de la victoire de 1191 tenue par les Hospitaliers, tombe devant Baybars à la fin d'avril 1265, après quarante jours de siège. Tibériade, enfin, capitale de la principauté de Galilée de Tancrède, est la ville dont le siège déclenche la marche vers Hattin.
Comment ils sont tombés#
Trois vagues. Après Hattin, en dix-huit mois, Saladin prend presque tout : les places côtières se rendent vite, celles de l'intérieur tiennent par la faim jusqu'en 1189. La troisième croisade ne reprend que la côte. Au XIIIe siècle, les ordres militaires relèvent et agrandissent les forteresses ; puis, de 1263 à 1271, Baybars mène une campagne méthodique — Césarée, Arsouf, Safed, Beaufort, le Krak, Chastel Blanc, Montfort — et Qalawun l'achève avec Marqab (1285). Après Acre, le 18 mai 1291, il n'y a plus d'armée pour personne : Tortose et Château-Pèlerin sont évacués sans combat. Le récit d'ensemble est dans la fin des États latins, et le détail des combats dans la liste des batailles des croisades et celle de tous les sièges des croisades.
Ce qui demeure#
Il demeure des pierres, et peu de choses ont aussi bien traversé les siècles. Le Krak et Saône sont inscrits au patrimoine mondial ; Kérak et Shawbak dominent toujours les routes de Jordanie ; Belvoir et Montfort se visitent en Galilée ; Château-Pèlerin regarde encore la mer. Les sultans eux-mêmes ont gardé ces places, les ont réparées et y ont mis leurs garnisons : l'adversaire en reconnaissait la valeur.
Il demeure surtout ce qu'elles disent des hommes qui les ont tenues. Une garnison de Templiers ou d'Hospitaliers savait qu'aucun secours ne viendrait peut-être ; elle restait. Les défenseurs de Kérak et de Montréal ont tenu un an et demi après la perte du royaume, ceux du Gué de Jacob sont morts sur un chantier inachevé, ceux de Safed ont été exécutés pour n'avoir pas renié leur foi, selon les chroniqueurs latins. Au rez-de-chaussée de Chastel Blanc, la chapelle que les Templiers avaient voulue au cœur de leur donjon sert toujours à la prière : c'est peut-être la plus juste image de ce que ces murs devaient garder.
Pour aller plus loin#
- Tous les sièges des croisades (1096-1291) — chaque château et chaque ville assiégés, dans l'ordre, de Nicée à Acre.
- Le Krak des Chevaliers, la forteresse parfaite — architecture, garnison et chute du plus célèbre château croisé.
- Les Hospitaliers : histoire complète — l'ordre du Krak, de Marqab et de Belvoir.
- Les Templiers : histoire complète — l'ordre de Safed, de Tortose et de Château-Pèlerin.
- Le royaume de Jérusalem (1099-1291) — l'État que ces forteresses défendaient.
- La fin des États latins (1260-1291) — la campagne des Mamelouks, place par place.
- Que reste-t-il des croisades aujourd'hui ? — les châteaux encore debout et les autres traces.
- Toute la catégorie Châteaux et villes.
Sources
Chroniqueurs. Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana, II, pour les débuts du royaume ; Guillaume de Tyr, Chronicon, XIV-XXI, pour la construction de Kérak, de Beth Gibelin, Ibelin et Blanchegarde, du Gué de Jacob ; Chronique d'Ernoul pour le siège de Kérak en 1183 ; Baha ad-Din Ibn Chaddad, Vie de Saladin, et Imad ad-Din al-Isfahani pour les sièges de 1187-1189 ; De constructione castri Saphet (vers 1260-1266) pour Safed ; Wilbrand d'Oldenbourg, Itinerarium (1212), pour Beyrouth ; Jean de Joinville, Vie de saint Louis, pour Césarée ; Ibn Abd al-Zahir et al-Maqrizi pour les campagnes de Baybars et Qalawun. Historiens. T. E. Lawrence, Crusader Castles (thèse de 1910, éd. 1936) ; Paul Deschamps, Les Châteaux des croisés en Terre sainte, 3 vol. (Paris, 1934-1977) ; R. C. Smail, Crusading Warfare 1097-1193 (Cambridge, 1956) ; Hugh Kennedy, Crusader Castles (Cambridge, 1994) ; Ronnie Ellenblum, Crusader Castles and Modern Histories (Cambridge, 2007) ; Denys Pringle, Secular Buildings in the Crusader Kingdom of Jerusalem (Cambridge, 1997). En ligne : la fiche Unesco du Krak des Chevaliers et de Qal'at Salah El-Din.
Questions fréquentes#
Combien de châteaux les croisés ont-ils construits en Orient ?
On compte plusieurs centaines de sites fortifiés francs entre 1099 et 1291, des simples tours de village aux grandes forteresses ; une cinquantaine de châteaux importants structuraient la défense des États latins. Beaucoup étaient d'anciennes places byzantines ou arabes reprises et agrandies.
Quel est le plus célèbre château des croisés ?
Le Krak des Chevaliers, en Syrie, tenu par les Hospitaliers de 1142 à 1271 : deux enceintes concentriques, un glacis vertigineux, une garnison pouvant atteindre deux mille hommes. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2006 avec Saône (Qal'at Salah ad-Din).
Pourquoi les croisés ont-ils bâti autant de châteaux ?
Parce qu'ils manquaient d'hommes : un château permettait à quelques dizaines de chevaliers de tenir une route, une frontière ou un gué face à des armées bien plus nombreuses, d'abriter la population en cas de raid et d'administrer les terres alentour.
Quel château croisé n'a jamais été pris ?
Château-Pèlerin (Atlit), forteresse templière bâtie à partir de 1218 sur un promontoire de la côte, n'a jamais été emporté : les Templiers l'ont évacué d'eux-mêmes le 14 août 1291, après la chute d'Acre.
Comment les châteaux croisés sont-ils tombés ?
Rarement par assaut direct : par la faim après Hattin (Kérak, Montréal, Belvoir), par la mine qui faisait s'effondrer une tour (Marqab en 1285), par la ruse ou la capitulation négociée (le Krak en 1271), et surtout faute d'armée de secours une fois l'armée de campagne détruite.
Peut-on encore visiter des châteaux des croisés ?
Oui : le Krak des Chevaliers et Saône en Syrie, Kérak et Shawbak en Jordanie, Belvoir et Montfort en Israël, Beaufort au Liban et Chastel Blanc à Safita sont debout, souvent remarquablement conservés ; l'accès dépend de la situation de chaque pays.