Toutes les batailles des croisades (1096-1291)

De Civetot (1096) à Homs (1281) : les 33 batailles rangées des croisades en Orient, dans l'ordre, avec date, vainqueur et conséquence de chacune.

Romain Croisade 15 min

Mis à jour le 13 octobre 2026

Une plaine aride où s'affrontent des chevaliers en haubert chargeant lance baissée et des cavaliers turcs tirant à l'arc ; au premier plan, un fantassin franc tient une grande bannière à croix, des collines et un château au loin

En bref

Période : de Civetot (21 octobre 1096) à Homs (29 octobre 1281). Combien : 33 batailles rangées en Orient, hors sièges. Théâtres : Anatolie, Syrie du Nord (Antioche, Édesse, Alep), Palestine, Égypte, Thrace. Adversaires : Turcs seldjoukides et danichmendides, Fatimides d'Égypte, Zengides, Ayyoubides, Mamelouks ; et, en arrière-plan, Byzantins et Mongols. Grandes victoires franques : Dorylée (1097), Antioche (1098), Ascalon (1099), Montgisard (1177), Arsouf (1191). Grands désastres : Harran (1104), l'Ager Sanguinis (1119), Hattin (1187), La Forbie (1244). Bilan : une quinzaine de victoires, à peu près autant de défaites — les Francs perdent l'Orient par manque d'hommes, non par infériorité au combat.

Entre 1096 et 1291, les croisés ont livré en Orient une trentaine de batailles rangées : en voici la liste complète, dans l'ordre, de la déroute de la croisade populaire à Civetot jusqu'au choc de Homs, dernier grand affrontement avant la chute d'Acre. Chaque bataille tient en un paragraphe — date, adversaires, issue, conséquence — et renverra à son article détaillé au fil de leur publication. Pour situer chaque combat dans son expédition, gardez sous la main notre guide complet des croisades et la chronologie complète.

Les batailles des croisades en cinq lignes#

  • Combien ? Trente-trois batailles rangées en deux siècles, quand les sièges se comptent par centaines (voir la liste des sièges) : la bataille était un risque que les deux camps évitaient.
  • Qui gagne ? Les Francs remportent les batailles de conquête (1097-1105), tiennent tête jusqu'en 1182, puis s'effondrent à Hattin ; le XIIIe siècle n'est plus qu'une suite de sursis.
  • La plus décisive ? Hattin, 4 juillet 1187.
  • La plus belle ? Montgisard, 25 novembre 1177, le roi lépreux contre Saladin.
  • La dernière ? Homs, 29 octobre 1281, où les Francs ne sont plus que des auxiliaires.

Pourquoi si peu de batailles ?#

Au Moyen Âge, une bataille rangée est un jugement de Dieu qu'on ne sollicite pas à la légère : en une journée, un prince peut tout perdre. Les États latins en savaient le prix mieux que personne. Le royaume de Jérusalem alignait au mieux, dans les années 1180, quelque 1 200 chevaliers (fiefs, ordres militaires et mercenaires compris) et une quinzaine de milliers de fantassins ; une armée détruite ne se remplaçait qu'avec la croisade suivante. D'où la règle, dégagée par l'historien R. C. Smail : la guerre franque est d'abord une guerre de châteaux, de sièges et de marches défensives, et la bataille n'est livrée que lorsqu'on ne peut pas l'éviter ou qu'on surprend l'ennemi.

Face à eux, deux manières de combattre. La charge de la cavalerie franque, lance couchée, était irrésistible quand elle frappait au bon moment ; les archers montés turcs harcelaient, se dérobaient et attendaient que la colonne se désunisse. Presque toutes les batailles de cette liste se jouent sur ce seul point : qui force l'autre à combattre à sa façon. Pour les dix qui ont changé le cours des choses, voir les 10 batailles décisives des croisades.

Le tableau des 33 batailles#

# Bataille Date Vainqueur Ce qu'elle change
1 Civetot 21 octobre 1096 Kilij Arslan Fin de la croisade populaire
2 Dorylée 1er juillet 1097 Croisés La route de la Syrie s'ouvre
3 Lac d'Antioche 9 février 1098 Croisés Le secours d'Alep repoussé
4 Antioche 28 juin 1098 Croisés L'armée encerclée est sauvée
5 Ascalon 12 août 1099 Croisés La conquête de Jérusalem tient
6 Mélitène août 1100 Danichmendides Bohémond captif
7 Ramla I 7 septembre 1101 Baudouin Ier Les Fatimides repoussés
8 Ramla II 17 mai 1102 Fatimides Le roi échappe de justesse
9 Harran 7 mai 1104 Turcs de Mossoul Fin de l'expansion vers l'est
10 Artah 20 avril 1105 Tancrède Antioche sauvée
11 Ramla III 27 août 1105 Baudouin Ier Dernière offensive fatimide brisée
12 Tell Danith 14 septembre 1115 Roger d'Antioche Bursuq vaincu
13 Ager Sanguinis 28 juin 1119 Ilghazi L'armée d'Antioche anéantie
14 Hab 14 août 1119 Indécise (Baudouin II) Antioche conservée
15 Azaz 11 juin 1125 Baudouin II Le nord tient
16 Marj al-Saffar 25 janvier 1126 Baudouin II Victoire sans prise de Damas
17 Barin (Montferrand) juillet 1137 Zengi Le roi Foulques capitule
18 Inab 29 juin 1149 Nour ad-Din Raymond de Poitiers tué
19 Al-Buqaia 1163 Croisés Nour ad-Din surpris et défait
20 Harim 12 août 1164 Nour ad-Din Les princes du Nord captifs
21 Al-Babein 18 mars 1167 Indécise L'Égypte reste disputée
22 Myriokephalon 17 septembre 1176 Kilij Arslan II Byzance renonce à l'Anatolie
23 Montgisard 25 novembre 1177 Baudouin IV Saladin en déroute
24 Marj Ayyun 10 juin 1179 Saladin Le maître du Temple captif
25 Forbelet juillet 1182 Indécise Saladin contenu
26 Source de Cresson 1er mai 1187 Musulmans Prélude de Hattin
27 Hattin 4 juillet 1187 Saladin Le royaume perdu
28 Arsouf 7 septembre 1191 Richard Cœur de Lion La côte reconquise
29 Jaffa 5 août 1192 Richard Cœur de Lion Prélude à la trêve de 1192
30 Adrianople 14 avril 1205 Bulgares L'empereur latin captif
31 La Forbie 17-18 octobre 1244 Égypte et Khwarezmiens Fin de l'armée franque
32 Mansourah 8 février 1250 Indécise Saint Louis bloqué
33 Fariskur 6 avril 1250 Égyptiens Saint Louis prisonnier
34 Aïn Djalout 3 septembre 1260 Mamelouks Les Mongols arrêtés
35 Homs 29 octobre 1281 Mamelouks Dernière grande bataille

Le tableau compte 35 lignes parce que les trois batailles de Ramla forment un seul chapitre de notre plan : 33 articles, 35 journées de combat.

1096-1099 : les batailles de la première croisade#

Bataille de Civetot (21 octobre 1096). La croisade populaire de Pierre l'Ermite, passée en Asie sans attendre les barons, est attirée hors de son camp de Civetot par une fausse nouvelle — Nicée serait tombée — et massacrée par les Turcs du sultan Kilij Arslan. Quelques milliers de survivants regagnent Constantinople. Le récit complet de cette expédition est dans les croisades populaires.

Bataille de Dorylée (1er juillet 1097). Première rencontre des barons avec les archers montés turcs : l'avant-garde de Bohémond, surprise, tient le camp jusqu'à l'arrivée de Godefroy de Bouillon et de Raymond de Saint-Gilles. Kilij Arslan s'enfuit ; l'Anatolie est ouverte. Voir la première croisade.

Bataille du lac d'Antioche (9 février 1098). Pendant le siège d'Antioche, Bohémond de Tarente, avec à peine sept cents chevaliers, attend dans un étroit passage entre le lac et l'Oronte l'armée de secours de Ridwan d'Alep et la met en fuite : le terrain annule le nombre.

Bataille d'Antioche (28 juin 1098). Maîtres de la ville mais assiégés à leur tour par Kerbogha de Mossoul, les croisés affamés sortent en six corps après l'invention de la Sainte Lance et dispersent une coalition minée par ses rivalités. La croisade peut repartir vers Jérusalem.

Bataille d'Ascalon (12 août 1099). Un mois après la prise de Jérusalem, Godefroy surprend à l'aube le camp du vizir fatimide al-Afdal devant Ascalon. La conquête est sauvée ; la ville, elle, restera égyptienne jusqu'en 1153.

1100-1149 : défendre les États latins#

Bataille de Mélitène (août 1100). Bohémond, devenu prince d'Antioche, marche au secours de l'Arménien Gabriel de Mélitène ; il tombe dans une embuscade des Turcs danichmendides et passe trois ans en captivité.

Les trois batailles de Ramla (1101, 1102, 1105). Dans la plaine qui sépare Jérusalem de la mer, le roi Baudouin Ier affronte trois fois les armées fatimides venues d'Ascalon. Il gagne en 1101, échappe de justesse au désastre en 1102 — Étienne de Blois, revenu racheter sa fuite d'Antioche, y meurt —, puis brise en 1105 la dernière grande offensive égyptienne. Le royaume ne craindra plus l'Égypte avant Saladin.

Bataille de Harran (7 mai 1104). Premier grand désastre des Francs : marchant sur Harran, l'armée d'Édesse et d'Antioche est écrasée près du fleuve Balikh par les Turcs de Mossoul et de Mardin ; Baudouin du Bourg et Josselin de Courtenay sont capturés. L'expansion vers la Mésopotamie s'arrête là.

Bataille d'Artah (20 avril 1105). Tancrède, régent d'Antioche, bat Ridwan d'Alep en feignant la retraite puis en chargeant l'ennemi débandé : la principauté se relève de Harran en un an.

Bataille de Tell Danith (14 septembre 1115). Roger de Salerne, prince d'Antioche, surprend au campement l'armée du sultan seldjoukide conduite par Bursuq. C'est l'une des victoires les plus nettes du siècle — et la dernière avant l'orage.

Bataille de l'Ager Sanguinis (28 juin 1119). Roger campe trop en avant sans attendre le roi ; Ilghazi l'enveloppe à l'aube et détruit son armée : le prince meurt au pied de sa croix. Les Latins nomment le lieu le « champ du sang ».

Bataille de Hab (14 août 1119). Six semaines plus tard, le roi Baudouin II accourt avec la Vraie Croix et livre à Ilghazi une bataille confuse dont chacun se dit vainqueur ; mais Antioche est conservée et le roi en prend la régence.

Bataille d'Azaz (11 juin 1125). Baudouin II, libéré de captivité, débloque la forteresse d'Azaz assiégée par Aq Sunqur al-Bursuqi, atabeg de Mossoul, au prix d'une des batailles les plus sanglantes de l'époque. Le nord franc respire.

Bataille de Marj al-Saffar (25 janvier 1126). Le roi pousse jusqu'aux portes de Damas et bat Tughtekin dans la plaine de Marj al-Saffar, mais n'a pas les moyens d'assiéger la ville : victoire sans lendemain, qui préfigure les échecs de 1129 et de 1148 devant Damas.

Bataille de Barin (juillet 1137). Le roi Foulques, battu par Zengi sous le château de Barin — Montferrand pour les Francs —, s'y laisse enfermer ; il obtient de sortir libre contre la reddition de la place, la veille de l'arrivée des secours. Le premier grand unificateur musulman est entré en scène ; il prendra Édesse en 1144.

Bataille d'Inab (29 juin 1149). Au lendemain de l'échec de la deuxième croisade, Nour ad-Din encercle près d'Inab l'armée de Raymond de Poitiers, prince d'Antioche, qui y est tué ; sa tête est envoyée au calife de Bagdad. Antioche perd ses terres à l'est de l'Oronte.

1150-1187 : du roi lépreux à Hattin#

Bataille d'Al-Buqaia (1163). Dans la plaine de la Bocquée, au pied du futur Krak des Chevaliers, une troupe de croisés de passage — Hugues de Lusignan, Geoffroy Martel — conduite par le templier Gilbert de Lacy surprend le camp de Nour ad-Din, qui s'enfuit, dit-on, à demi chaussé. C'est l'une des très rares défaites en rase campagne du grand émir.

Bataille de Harim (12 août 1164). L'année suivante, Nour ad-Din prend sa revanche : Bohémond III d'Antioche, Raymond III de Tripoli et Josselin III, lancés à sa poursuite, sont pris dans une fausse retraite et capturés. Raymond restera huit ans prisonnier.

Bataille d'Al-Babein (18 mars 1167). En Haute-Égypte, le roi Amaury Ier affronte Chirkuh, l'oncle de Saladin, qui commande le centre. Combat indécis : Chirkuh tient, mais ne peut garder l'Égypte cette année-là. La course pour Le Caire est lancée.

Bataille de Myriokephalon (17 septembre 1176). L'empereur Manuel Comnène, qui voulait rouvrir la route de la Terre sainte, est pris en embuscade dans un défilé par le sultan seldjoukide Kilij Arslan II. Il compare lui-même sa défaite à celle de Manzikert : Byzance ne reconquerra plus l'Anatolie.

Bataille de Montgisard (25 novembre 1177). Le roi Baudouin IV, seize ans et lépreux, sort d'Ascalon avec quelque trois cent soixante-quinze chevaliers et les Templiers de Gaza, et surprend près de Ramla l'armée de Saladin dispersée pour le pillage ; la Vraie Croix est portée devant la ligne. Saladin regagne l'Égypte à grand-peine. La plus belle victoire du royaume.

Bataille de Marj Ayyun (10 juin 1179). Saladin prend sa revanche dans la plaine de Marj Ayyun, au nord de la Galilée : les Francs, dispersés à la poursuite de pillards, sont battus ; le maître du Temple Eudes de Saint-Amand, capturé, mourra en prison plutôt que d'être échangé. Deux mois plus tard, Saladin rase le château du Gué de Jacob.

Bataille de Forbelet (juillet 1182). Près du château hospitalier de Belvoir, l'armée royale, Baudouin IV présent malgré sa maladie, soutient sous une chaleur écrasante les assauts de Saladin et le contraint à se retirer. Journée indécise, mais le royaume a tenu.

Bataille de la source de Cresson (1er mai 1187). Près de Nazareth, le maître du Temple Gérard de Ridefort charge avec quelque cent quarante chevaliers un corps de reconnaissance de plusieurs milliers de cavaliers : le maître de l'Hôpital Roger des Moulins est tué, presque tous les frères avec lui. C'est le prélude du désastre.

Bataille de Hattin (4 juillet 1187). L'armée du royaume, partie de Séphorie pour secourir Tibériade, marche un jour sans eau, est encerclée sur les Cornes de Hattin et anéantie : Guy de Lusignan captif, la Vraie Croix perdue, Jérusalem rendue le 2 octobre. Récit complet : Hattin, 4 juillet 1187 : le désastre.

1191-1205 : Richard, puis Constantinople#

Bataille d'Arsouf (7 septembre 1191). Pendant la troisième croisade, Richard Cœur de Lion longe la côte d'Acre vers Jaffa en colonne serrée, infanterie à l'extérieur, flotte au flanc. Quand Saladin attaque, la charge, partie un peu tôt des rangs hospitaliers, est généralisée puis rappelée à temps : Arsouf, 7 septembre 1191, première défaite de Saladin en rase campagne depuis Montgisard.

Bataille de Jaffa (5 août 1192). Dernier fait d'armes de la troisième croisade : Saladin vient d'enlever la ville basse de Jaffa ; la citadelle tient encore. Richard débarque avec quelques galères, une poignée de chevaliers et des arbalétriers, reprend la ville, puis repousse quelques jours plus tard, derrière un mur de lances fichées en terre, l'assaut de l'armée entière. La trêve signée le 2 septembre 1192 laisse la côte aux Francs et rouvre Jérusalem aux pèlerins.

Bataille d'Adrianople (14 avril 1205). Un an après la prise de Constantinople par la quatrième croisade, l'empereur latin Baudouin de Flandre est battu en Thrace par le tsar bulgare Kalojan et ses cavaliers coumans ; il meurt captif. Villehardouin, qui sauve les restes de l'armée, raconte la journée.

1244-1281 : le siècle des Mamelouks#

Bataille de La Forbie (17-18 octobre 1244). Après le sac de Jérusalem par les Khwarezmiens, les Francs s'allient aux princes de Damas et de Homs contre l'Égypte ; près de Gaza, les alliés cèdent et l'armée chrétienne est détruite. Le Temple y perd l'immense majorité de ses frères présents. La « seconde Hattin » décide saint Louis à prendre la croix.

Bataille de Mansourah (8 février 1250). En Égypte, Robert d'Artois, frère du roi, poursuit les fuyards dans les ruelles de Mansourah, où les mamelouks de Baybars le tuent avec la plupart des Templiers présents. Saint Louis tient le champ, mais son armée est désormais bloquée. Voir Saint Louis et la septième croisade.

Bataille de Fariskur (6 avril 1250). Retraite d'une armée affamée et malade vers Damiette : à Fariskur, elle est rattrapée et capitule ; le roi, malade, est fait prisonnier. Sa rançon et la reddition de Damiette lui rendent la liberté un mois plus tard.

Bataille d'Aïn Djalout (3 septembre 1260). Les Francs n'y sont pas, mais ils laissent passer l'armée égyptienne de Qutuz, qui écrase les Mongols de Kitbuga près de Nazareth. Baybars, devenu sultan, démantèlera ensuite les places franques une à une.

Bataille de Homs (29 octobre 1281). Dernier grand choc : le sultan Qalawun arrête à Homs une nouvelle invasion mongole, à laquelle se sont joints des Arméniens, des Géorgiens et des Hospitaliers de Marqab. Les Francs ne sont plus que des auxiliaires ; dix ans plus tard, Acre tombe — voir la fin des États latins.

Ce qui demeure#

Le tableau dément d'abord une légende : celle d'une chevalerie lourde et brutale, toujours dominée par un Orient plus habile. Les Francs ont gagné à peu près autant de batailles qu'ils en ont perdu, et souvent contre des armées bien plus nombreuses. Ce qui leur a manqué, c'est le nombre et le temps — une défaite comme Harran, l'Ager Sanguinis ou Hattin coûtait une génération de chevaliers —, comme le montre pourquoi les croisades ont-elles échoué ?

Il demeure surtout des hommes. Roger de Salerne tombant au pied de la croix qu'il avait fait porter devant lui ; le roi lépreux à cheval à Montgisard ; les frères du Temple et de l'Hôpital qui meurent à Cresson, à Hattin, à La Forbie et à Mansourah parce que leur règle leur interdisait de fuir ; Richard tenant sa ligne à Arsouf et à Jaffa. La Vraie Croix était portée dans les batailles du royaume : on ne se battait pas d'abord pour une terre, mais pour le tombeau qu'elle gardait. Ces champs de bataille — la plaine de Ramla, les Cornes de Hattin, la plage d'Arsouf — se visitent encore ; on peut y lire, mieux que dans les livres, ce que ces hommes ont donné.

Pour aller plus loin#

Sources

Chroniqueurs. Gesta Francorum et Albert d'Aix, Historia Hierosolymitana, I, pour Civetot ; Raymond d'Aguilers et Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana, I-II, pour la première croisade et Ramla ; Gautier le Chancelier, Bella Antiochena, pour Tell Danith, l'Ager Sanguinis et Hab ; Guillaume de Tyr, Chronicon, XI-XXII, de Harran à Forbelet ; Ambroise, L'Estoire de la guerre sainte, pour Arsouf et Jaffa ; Geoffroi de Villehardouin, La Conquête de Constantinople, § 350-365, pour Adrianople ; Jean de Joinville, Vie de saint Louis, pour Mansourah et Fariskur. Côté musulman : Ibn al-Qalanisi, Chronique de Damas ; Ibn al-Athir, Al-Kamil fi-l-ta'rikh ; Baha ad-Din Ibn Chaddad, Vie de Saladin ; al-Maqrizi pour Aïn Djalout et Homs. Historiens. R. C. Smail, Crusading Warfare 1097-1193 (Cambridge, 1956) ; Christopher Marshall, Warfare in the Latin East 1192-1291 (Cambridge, 1992) ; Thomas Asbridge, The Creation of the Principality of Antioch (2000) ; Jean Richard, Histoire des croisades (Fayard, 1996) ; Reuven Amitai-Preiss, Mongols and Mamluks (Cambridge, 1995).

Questions fréquentes#

Combien y a-t-il eu de batailles pendant les croisades ?

Les historiens comptent une trentaine de batailles rangées en Orient entre 1096 et 1291 ; notre liste en retient 33, de Civetot (1096) à Homs (1281). Les sièges, bien plus nombreux, font l'objet d'une liste à part.

Quelle est la plus grande victoire des croisés ?

Montgisard, le 25 novembre 1177 : le jeune roi lépreux Baudouin IV, avec quelques centaines de chevaliers, met en déroute l'armée de Saladin. Dorylée, Antioche et Arsouf comptent aussi parmi les grandes victoires franques.

Quelle est la pire défaite des croisés ?

Hattin, le 4 juillet 1187 : l'armée du royaume de Jérusalem est anéantie, le roi Guy de Lusignan capturé et la Vraie Croix perdue ; Jérusalem tombe trois mois plus tard. La Forbie, en 1244, est la seconde catastrophe de même ampleur.

Les croisés ont-ils gagné plus de batailles qu'ils n'en ont perdu ?

À peu près autant : sur les 33 batailles de cette liste, les Francs en gagnent une quinzaine et en perdent à peu près autant, les autres étant indécises ou livrées sans eux. Ils n'étaient pas inférieurs en rase campagne ; c'est le nombre qui leur a manqué pour réparer leurs défaites.

Quelle est la dernière bataille des croisades en Terre sainte ?

La dernière grande bataille rangée est celle de Homs, le 29 octobre 1281, où les Mamelouks de Qalawun battent les Mongols et leurs alliés, dont des Hospitaliers de Marqab. Ensuite, la guerre ne se fait plus qu'en sièges, jusqu'à la chute d'Acre le 18 mai 1291.

Où se sont déroulées les batailles des croisades ?

Surtout en Syrie et en Palestine, de la vallée de l'Oronte au désert du Sinaï, mais aussi en Anatolie (Civetot, Dorylée, Myriokephalon), en Égypte (Al-Babein, Mansourah, Fariskur) et en Thrace (Adrianople, 1205).

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