Les rois de Jérusalem : la liste complète (1099-1291)
De Godefroy de Bouillon (1099) à Henri II de Chypre (1291) : les rois et reines de Jérusalem dans l'ordre, avec leurs dates de règne et ce qu'ils ont fait.

En bref
Période : 22 juillet 1099 (élection de Godefroy) – 18 mai 1291 (chute d'Acre). Nombre : 24 souverains, dont 5 reines régnantes et 7 rois par mariage. Dynasties : maison de Boulogne (1099-1118), maison de Rethel (1118-1131), maison d'Anjou (1131-1186), puis les maris des héritières (Lusignan, Montferrat, Champagne, Brienne, Hohenstaufen) et enfin les Lusignan de Chypre (1269-1291). Capitales : Jérusalem (1099-1187), Tyr (1187-1191), Acre (1191-1291). Premier roi : Baudouin Ier (couronné le 25 décembre 1100). Dernier roi : Henri II de Chypre (couronné le 15 août 1286). Le plus célèbre : Baudouin IV le Lépreux (1174-1185).
Le royaume de Jérusalem a connu vingt-quatre souverains en cent quatre-vingt-douze ans, de Godefroy de Bouillon, élu le 22 juillet 1099, à Henri II de Chypre, roi quand Acre tomba le 18 mai 1291. Cette page donne la liste complète, dans l'ordre et avec les dates de règne, puis un paragraphe par souverain ; l'histoire des institutions qu'ils gouvernaient se lit dans notre guide du royaume de Jérusalem, et la place du royaume parmi les expéditions dans le guide complet des croisades.
Les rois de Jérusalem en cinq lignes#
Un fondateur qui refuse la couronne, puis trois générations de rois guerriers qui donnent au royaume ses côtes et ses forteresses (1100-1174). Un roi lépreux qui tient tête à Saladin, un enfant-roi, puis la crise de 1186 qui mène à Hattin. Après 1187, la couronne passe par les femmes : cinq reines et leurs maris venus d'Occident, choisis pour leur épée autant que pour leur sang. Au XIIIe siècle, des rois souvent absents — un empereur, deux enfants Hohenstaufen — et un royaume gouverné par des régents. Enfin les Lusignan de Chypre, derniers rois couronnés sur la terre ferme, jusqu'à la chute d'Acre.
La liste complète des rois de Jérusalem#
| # | Souverain | Règne | Titre | Ce qu'il faut retenir |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Godefroy de Bouillon | 1099-1100 | Avoué du Saint-Sépulcre | Refuse la couronne ; vainqueur à Ascalon |
| 2 | Baudouin Ier | 1100-1118 | Roi | Premier roi couronné ; conquiert la côte |
| 3 | Baudouin II du Bourg | 1118-1131 | Roi | Tyr prise (1124) ; naissance du Temple |
| 4 | Mélisende | 1131-1153 | Reine | Première reine régnante ; bâtisseuse |
| 5 | Foulques d'Anjou | 1131-1143 | Roi par mariage | Fortifie la frontière d'Ascalon |
| 6 | Baudouin III | 1143-1163 | Roi | Prend Ascalon (1153) |
| 7 | Amaury Ier | 1163-1174 | Roi | Cinq campagnes en Égypte |
| 8 | Baudouin IV | 1174-1185 | Roi | Le roi lépreux, vainqueur à Montgisard |
| 9 | Baudouin V | 1183/1185-1186 | Roi | L'enfant-roi, mort à huit ans |
| 10 | Sibylle | 1186-1190 | Reine | Couronne Guy contre l'avis des barons |
| 11 | Guy de Lusignan | 1186-1192 | Roi par mariage | Vaincu à Hattin ; seigneur de Chypre |
| 12 | Isabelle Ire | 1190-1205 | Reine | Quatre fois mariée, trois rois |
| 13 | Conrad de Montferrat | 1190/1192 | Roi élu, non couronné | Sauveur de Tyr ; assassiné en 1192 |
| 14 | Henri de Champagne | 1192-1197 | Seigneur du royaume | Neveu de Richard et de Philippe Auguste |
| 15 | Amaury II de Lusignan | 1198-1205 | Roi par mariage | Unit les couronnes de Chypre et de Jérusalem |
| 16 | Marie de Montferrat | 1205-1212 | Reine | Héritière à treize ans |
| 17 | Jean de Brienne | 1210-1225 | Roi par mariage, puis régent | Chef de la cinquième croisade |
| 18 | Isabelle II (Yolande) | 1212-1228 | Reine | Épouse Frédéric II à quatorze ans |
| 19 | Frédéric II | 1225-1228 | Roi par mariage, puis régent | Récupère Jérusalem sans combat (1229) |
| 20 | Conrad II (Conrad IV d'Allemagne) | 1228-1254 | Roi absent | Jamais venu en Orient |
| 21 | Conradin (Conrad III) | 1254-1268 | Roi absent | Décapité à Naples à seize ans |
| 22 | Hugues III de Chypre | 1268-1284 | Roi | Quitte Acre en 1276 ; droits contestés |
| 23 | Jean Ier de Chypre | 1284-1285 | Roi | Règne d'un an |
| 24 | Henri II de Chypre | 1285-1291 | Roi | Dernier roi ; perd Acre en 1291 |
Le décompte varie d'un livre à l'autre selon qu'on retient ou non Godefroy, Conrad de Montferrat et Henri de Champagne, qui ne portèrent jamais la couronne : on lit ainsi vingt et un, vingt-deux ou vingt-quatre souverains, mais la suite est la même. Au XIIIe siècle s'y ajoutent des prétendants — Marie d'Antioche, qui vend ses droits en 1277 à Charles d'Anjou ; celui-ci se dit roi de Jérusalem et fait tenir Acre par son bailli jusqu'en 1286.
Comment devenait-on roi de Jérusalem ?#
La succession au trône de Jérusalem associe l'hérédité et l'accord des barons. Le royaume se transmet dans la descendance de Baudouin II ; à défaut de fils, les filles héritent et apportent la couronne à leur mari. C'est la Haute Cour, l'assemblée des vassaux du roi, qui reconnaît l'héritier, approuve l'époux de l'héritière et désigne le régent (le bail) quand le roi est mineur ou absent. Le roi est sacré au Saint-Sépulcre par le patriarche latin — à Bethléem pour le premier, à Tyr et à Acre après 1187.
Ce système avait un mérite : le trône n'était jamais vacant. Il avait un défaut : chaque mariage royal devenait une partie d'échecs entre barons, ordres militaires et puissances d'Occident. Les grandes crises du royaume — 1186, 1192, 1229-1243 — sont des crises de succession.
Godefroy de Bouillon, l'avoué du Saint-Sépulcre (1099-1100)#
Élu par les chefs de la première croisade le 22 juillet 1099, une semaine après la prise de Jérusalem, Godefroy de Bouillon refuse, dit la tradition, de porter une couronne d'or là où le Christ a porté une couronne d'épines. Il se contente du titre d'avoué du Saint-Sépulcre, défenseur laïc du tombeau. Il bat l'armée égyptienne à Ascalon le 12 août 1099 et meurt le 18 juillet 1100, un an presque jour pour jour après la prise de la ville. Il est enseveli au pied du Calvaire, où reposeront tous ses successeurs jusqu'en 1187.
Baudouin Ier, le fondateur du royaume (1100-1118)#
Frère cadet de Godefroy et premier comte d'Édesse, Baudouin Ier n'a pas les scrupules de son aîné : il est couronné roi à Bethléem le jour de Noël 1100. Pendant dix-huit ans, il donne au royaume ses ports avec l'aide des flottes italiennes — Arsouf et Césarée (1101), Acre (1104), Beyrouth et Sidon (1110) — et pousse jusqu'à la mer Rouge, où il atteint Aila en 1116. Il bâtit Montréal (Shawbak) au-delà du Jourdain en 1115. Il meurt le 2 avril 1118 au retour d'une expédition en Égypte, et son corps est rapporté au Saint-Sépulcre.
Baudouin II du Bourg (1118-1131)#
Cousin du précédent, Baudouin II lui succède comme il lui avait succédé à Édesse. Son règne voit la catastrophe de l'Ager Sanguinis (1119) dans la principauté d'Antioche, qu'il doit gouverner en plus du royaume, sa propre captivité chez les Turcs (1123-1124) et, pendant celle-ci, la prise de Tyr par les Vénitiens le 7 juillet 1124. C'est lui qui accueille en 1120 Hugues de Payns et ses compagnons et leur donne une aile de son palais : ainsi naissent les Templiers. Sans fils, il fait de sa fille aînée l'héritière du royaume ; il meurt le 21 août 1131.
Mélisende et Foulques d'Anjou (1131-1143)#
Mélisende, fille de Baudouin II et d'une princesse arménienne, est la première reine régnante de Jérusalem. Son père l'a mariée en 1129 à Foulques d'Anjou, comte puissant et ancien pèlerin, et a voulu qu'ils règnent ensemble avec leur fils. Foulques tente d'abord de gouverner seul ; la révolte d'Hugues du Puiset, comte de Jaffa, en 1132, l'oblige à compter avec sa femme et ses partisans. Il fortifie la frontière face à Ascalon (Ibelin, Blanchegarde) et meurt le 10 novembre 1143 d'une chute de cheval près d'Acre. Mélisende règne alors avec son fils ; elle restera dans la mémoire du royaume comme une reine pieuse et bâtisseuse, à qui l'on doit en particulier l'abbaye de Béthanie. Elle meurt le 11 septembre 1161.
Baudouin III, le roi qui prit Ascalon (1143-1163)#
Couronné enfant, Baudouin III gouverne d'abord sous la tutelle de sa mère. Il assiste à la deuxième croisade et à l'échec devant Damas en 1148, puis, en 1152, dispute le pouvoir à Mélisende et l'emporte après un bref affrontement. Sa grande œuvre est la prise d'Ascalon, la dernière place égyptienne de la côte, le 22 août 1153 après sept mois de siège. Allié par mariage à l'empereur byzantin Manuel Comnène, il tient tête à Nour ad-Din. Il meurt sans enfant le 10 février 1163, à trente-trois ans ; Guillaume de Tyr le décrit comme un prince lettré et aimé.
Amaury Ier et le rêve égyptien (1163-1174)#
Frère du précédent, Amaury Ier comprend qu'un royaume si étroit ne survivra qu'en tenant l'Égypte fatimide, riche et affaiblie. Entre 1163 et 1169, il y mène cinq campagnes, assiège Alexandrie en 1167 et Damiette en 1169 avec la flotte byzantine. Il échoue : Chirkuh, puis son neveu Saladin, prennent l'Égypte pour Nour ad-Din. Législateur, Amaury promulgue l'Assise sur la ligece qui lie tous les arrière-vassaux au roi ; protecteur des lettres, il commande à Guillaume de Tyr la grande histoire du royaume. Il meurt le 11 juillet 1174 de dysenterie.
Baudouin IV, le roi lépreux (1174-1185)#
Fils d'Amaury, Baudouin IV est couronné à treize ans, le 15 juillet 1174, alors que la lèpre s'est déjà déclarée — son précepteur Guillaume de Tyr l'a découverte en le voyant ne pas sentir les griffures de ses camarades de jeu. À seize ans, le 25 novembre 1177, il met en déroute l'armée de Saladin à Montgisard avec quelques centaines de chevaliers. Rongé par la maladie, aveugle à la fin, il se fait porter en litière à la tête de ses troupes et sauve encore Kérak en 1183. Il meurt au printemps 1185, sans avoir jamais cédé. Il est, de tous les rois de Jérusalem, celui que la postérité a le plus admiré.
Baudouin V, l'enfant-roi (1183/1185-1186)#
Fils de Sibylle, sœur de Baudouin IV, et de son premier mari Guillaume de Montferrat, Baudouin V est couronné co-roi par son oncle le 20 novembre 1183, à cinq ans, pour écarter Guy de Lusignan, son beau-père. Le comte Raymond III de Tripoli gouverne en son nom après 1185. L'enfant meurt à Acre en 1186, probablement à la fin de l'été, à huit ans ; sa mort ouvre la crise qui conduit à Hattin.
Sibylle et Guy de Lusignan, le roi de Hattin (1186-1192)#
À la mort de son fils, Sibylle se fait couronner au Saint-Sépulcre en 1186, avec l'appui du patriarche Héraclius, de Renaud de Châtillon et du maître du Temple, pendant que les barons hostiles sont réunis à Naplouse ; elle pose aussitôt la couronne sur la tête de son mari, Guy de Lusignan. Le royaume, divisé, entre en guerre contre Saladin l'année suivante : le 4 juillet 1187, l'armée est anéantie à Hattin, Guy est capturé et la Vraie Croix perdue ; Jérusalem se rend le 2 octobre. Libéré en 1188, Guy met le siège devant Acre en août 1189 ; Sibylle et leurs deux filles y meurent d'une épidémie dans le camp, à l'été 1190. Son droit au trône contesté, Guy reçoit en 1192 de Richard Cœur de Lion la seigneurie de Chypre, où il meurt en 1194.
Isabelle Ire et ses trois rois (1190-1205)#
Demi-sœur de Sibylle, Isabelle Ire devient l'héritière en 1190. Elle est séparée de son premier mari, Onfroy de Toron, pour épouser en novembre 1190 Conrad de Montferrat, le défenseur de Tyr, seul homme à avoir tenu une ville face à Saladin après Hattin. Élu roi en avril 1192, Conrad est assassiné à Tyr le 28 avril, avant son sacre, par deux hommes de la secte des Assassins. Huit jours plus tard, Isabelle épouse Henri de Champagne, neveu à la fois de Richard Cœur de Lion et de Philippe Auguste, qui gouverne depuis Acre pendant la troisième croisade et après elle sans jamais prendre le titre de roi ; il meurt le 10 septembre 1197, tombé d'une fenêtre de son palais d'Acre. Isabelle épouse enfin Amaury de Lusignan, frère de Guy, déjà roi de Chypre : Amaury II unit les deux couronnes, signe une trêve avec al-Adil et fait mettre par écrit le Livre au roi. Il meurt le 1er avril 1205, Isabelle peu après.
Marie de Montferrat et Jean de Brienne (1205-1225)#
Fille d'Isabelle et de Conrad, Marie de Montferrat hérite du royaume à treize ans ; son oncle Jean d'Ibelin gouverne en régent. Le roi de France Philippe Auguste choisit pour elle un époux : Jean de Brienne, chevalier champenois éprouvé, qui l'épouse le 14 septembre 1210 et est couronné avec elle à Tyr le 3 octobre. Marie meurt en 1212 après avoir donné naissance à une fille ; Jean gouverne alors au nom de l'enfant. Il est l'un des chefs de la cinquième croisade et de la prise de Damiette en 1219. Il finira empereur latin de Constantinople et mourra en 1237 sous l'habit franciscain.
Isabelle II, Frédéric II et les rois absents (1212-1268)#
Isabelle II, que l'on appelle aussi Yolande de Brienne, épouse à quatorze ans, le 9 novembre 1225 à Brindisi, l'empereur Frédéric II, qui prend aussitôt le titre de roi et écarte son beau-père. Elle meurt le 25 avril 1228 en donnant naissance à un fils, Conrad. Frédéric, désormais régent pour son fils, part en Orient excommunié ; lors de la sixième croisade, il obtient par traité, en février 1229, la restitution de Jérusalem et s'y couronne lui-même au Saint-Sépulcre le 18 mars, sans prélat. Son autoritarisme dresse contre lui les barons menés par les Ibelin : c'est la guerre des Lombards (1229-1243). En 1243, la Haute Cour cesse de reconnaître son autorité.
Conrad II (l'empereur Conrad IV), puis son fils Conradin, sont rois de Jérusalem sans jamais venir en Orient. Le royaume est gouverné par des régents — la reine Alix de Champagne, puis les rois de Chypre — tandis que Jérusalem est perdue pour toujours en août 1244 et que Saint Louis séjourne quatre ans en Terre sainte (1250-1254) pour fortifier la côte. Conradin, vaincu par Charles d'Anjou, est décapité à Naples le 29 octobre 1268 : la lignée de Frédéric II s'éteint.
Les Lusignan de Chypre, derniers rois (1268-1291)#
À la mort de Conradin, la Haute Cour reconnaît roi le plus proche héritier présent, Hugues III de Chypre, petit-fils d'une fille d'Isabelle Ire ; il est couronné le 24 septembre 1269. Roi d'un royaume réduit à quelques villes face à Baybars, contesté par les ordres militaires, les Vénitiens et sa tante Marie d'Antioche, il quitte Acre en 1276 ; Marie vend l'année suivante ses droits à Charles d'Anjou, dont le bailli gouverne Acre. Hugues meurt à Tyr en 1284 ; son fils Jean Ier règne un an. Son second fils, Henri II, se fait couronner roi de Jérusalem à Tyr le 15 août 1286 : il est le dernier. Quand le sultan al-Ashraf Khalil assiège Acre au printemps 1291, Henri y vient avec des renforts de Chypre, puis se rembarque avant l'assaut final du 18 mai ; le récit en est dans la chute d'Acre en 1291. Il règne encore trente-trois ans sur Chypre et meurt en 1324.
Les Ibelin, barons faiseurs de rois#
Aucune liste des rois de Jérusalem ne serait complète sans les Ibelin, qui ne portèrent jamais la couronne mais la donnèrent souvent. Balian d'Ibelin défend Jérusalem en 1187 et négocie avec Saladin la vie sauve de ses habitants ; ses descendants sont plusieurs fois régents du royaume : son fils Jean d'Ibelin, le « vieux sire de Beyrouth », gouverne au nom de Marie de Montferrat, puis tient tête à Frédéric II ; son neveu Jean, comte de Jaffa, écrit le grand traité de droit du royaume. Ils incarnent la fidélité à la coutume quand les rois étaient loin.
Ce qui demeure#
Il demeure d'abord un geste : celui de Godefroy refusant une couronne d'or dans la ville de la couronne d'épines. Tous ses successeurs ont été sacrés à proximité du tombeau du Christ ou en son nom, et le premier de leurs titres n'était pas « roi » mais gardien : rex Latinorum Hierusalem, le roi des Latins à Jérusalem, au service du Saint-Sépulcre. Il demeure des figures que l'on peut encore proposer aux jeunes gens : Baudouin IV, qui chargeait en tête quand la lèpre lui rongeait les mains ; Mélisende, reine d'une terre en guerre qui bâtissait des monastères ; Jean de Brienne, roi par mariage, mort en frère mineur.
Il demeure enfin un titre. Après 1291, la couronne de Jérusalem n'a plus de royaume, mais elle n'a jamais été abandonnée : les rois de Chypre, puis ceux de Naples, de Sicile, d'Aragon et d'autres maisons d'Europe l'ont portée dans leur titulature comme une promesse. Les rois qui l'avaient réellement portée reposaient au pied du Calvaire ; leurs tombeaux ont disparu au début du XIXe siècle, mais la basilique qu'ils ont rebâtie et gardée accueille toujours les pèlerins.
Pour aller plus loin#
- Le royaume de Jérusalem (1099-1291) : le guide complet — les institutions, l'Église, l'armée du royaume que ces rois gouvernaient.
- Le royaume de Jérusalem, un État franc en Orient — la présentation courte.
- Godefroy de Bouillon — le fondateur qui refusa la couronne.
- Hattin, 4 juillet 1187 — la défaite de Guy de Lusignan et la fin du premier royaume.
- Saladin — l'adversaire de Baudouin IV, de Guy et de Richard.
- La chute d'Acre en 1291 — la fin du règne du dernier roi.
- 20 personnages des croisades — les grandes figures, rois et adversaires.
- Les croisades (1095-1291) : le guide complet — le pilier du site.
Sources
Chroniqueurs. Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana, livres II-III (Godefroy, Baudouin Ier, Baudouin II) ; Guillaume de Tyr, Chronicon, livres IX-XXIII (de Godefroy à Baudouin IV, dont le portrait de son élève lépreux au livre XXI) ; Chronique d'Ernoul et L'Estoire de Eracles empereur (la crise de 1186, Hattin, les rois du XIIIe siècle) ; Philippe de Novare, Estoire de la guerre qui fu entre l'empereor Frederic et Johan d'Ibelin ; le Templier de Tyr, Gestes des Chiprois (Hugues III, Henri II, la chute d'Acre). Côté musulman : Ibn al-Athir, Al-Kamil fi-l-ta'rikh ; Baha ad-Din Ibn Chaddad, Vie de Saladin. Historiens. Jean Richard, Le Royaume latin de Jérusalem (PUF, 1953) ; Joshua Prawer, Histoire du royaume latin de Jérusalem (CNRS, 2 vol.) ; Bernard Hamilton, The Leper King and his Heirs (Cambridge, 2000) ; Peter Edbury, The Kingdom of Cyprus and the Crusades, 1191-1374 (Cambridge, 1991). Sur la dédicace et les tombeaux du Saint-Sépulcre : Custodie de Terre sainte.
Questions fréquentes#
Combien y a-t-il eu de rois de Jérusalem ?
Entre 1099 et 1291, on compte vingt-quatre souverains si l'on additionne les rois, les reines régnantes et les rois par mariage, de Godefroy de Bouillon à Henri II de Chypre. Godefroy ne porta pas le titre de roi et deux époux de reine, Conrad de Montferrat et Henri de Champagne, ne furent jamais couronnés.
Qui fut le premier roi de Jérusalem ?
Baudouin Ier, couronné à Bethléem le 25 décembre 1100. Son frère Godefroy de Bouillon, élu le 22 juillet 1099, avait gouverné un an avec le seul titre d'avoué du Saint-Sépulcre, refusant une couronne d'or là où le Christ avait porté la couronne d'épines.
Qui fut le dernier roi de Jérusalem ?
Henri II de Lusignan, roi de Chypre, couronné roi de Jérusalem à Tyr le 15 août 1286. Il régnait encore quand Acre tomba le 18 mai 1291 ; il mourut en 1324 à Chypre, et le titre passa ensuite à de nombreux prétendants européens.
Y a-t-il eu des reines de Jérusalem ?
Oui, cinq reines ont régné de plein droit : Mélisende, Sibylle, Isabelle Ire, Marie de Montferrat et Isabelle II. Leurs maris recevaient la couronne avec elles, ce qui fit de chaque mariage royal une affaire d'État.
Quel est le plus célèbre roi de Jérusalem ?
Baudouin IV, le roi lépreux (1174-1185), vainqueur de Saladin à Montgisard le 25 novembre 1177, qui gouverna et combattit jusqu'à sa mort malgré la maladie. Godefroy de Bouillon, le fondateur, est l'autre grande figure de la liste.
Pourquoi tant de rois de Jérusalem sont-ils rois par mariage ?
Parce que la lignée masculine s'éteint dès 1186 et que les filles héritent à défaut de fils. Le royaume avait besoin d'un chef de guerre : la Haute Cour mariait donc l'héritière à un grand seigneur d'Occident, qui devenait roi par elle.