Les croisades au programme scolaire : l'essentiel
Les croisades sont au programme en cinquième et en seconde : les libellés officiels, les dates à savoir, les notions attendues et les pièges du contrôle.
Mis à jour le 8 octobre 2026

En bref
Où : deux fois au programme français — en cinquième (thème 1 d'histoire, « Chrétientés et islam (VIe-XIIIe siècles), des mondes en contact », programme de cycle 4 de novembre 2015) et en seconde générale et technologique (thème 1, chapitre « La Méditerranée médiévale : espace d'échanges et de conflits à la croisée de trois civilisations », programme entré en vigueur en 2019). Ce qui est demandé : non pas réciter les huit expéditions, mais comprendre les contacts — guerriers et pacifiques — entre chrétienté latine, Empire byzantin et mondes musulmans. Dates à savoir : 1095, 1099, 1187, 1204, 1291. Notions : croisade, pèlerinage, indulgence, Lieux saints, États latins, djihad, échanges méditerranéens.
Les croisades sont au programme deux fois : en cinquième et en seconde. Dans les deux cas, elles ne forment pas un chapitre à elles seules — elles servent à étudier les contacts entre trois civilisations autour de la Méditerranée. On attend donc de l'élève cinq dates, quelques notions précises et la capacité à dire que ces contacts furent à la fois des guerres et des échanges. Pour le récit complet derrière le programme, voyez notre guide complet des croisades.
Où les croisades sont-elles au programme ?#
En cinquième, le thème 1 d'histoire s'intitule « Chrétientés et islam (VIe-XIIIe siècles), des mondes en contact », avec deux sous-thèmes officiels : « Byzance et l'Europe carolingienne » et « De la naissance de l'islam à la prise de Bagdad : pouvoirs, sociétés, cultures ». Les croisades n'y ont pas d'intitulé propre : elles apparaissent au titre des « contacts ». La fiche d'accompagnement publiée par Éduscol est explicite : « Il ne s'agit pas de faire une nouvelle leçon qui décrirait les sept croisades de la période. » Le professeur est invité à entrer par un lieu (Al-Andalus, Acre, Alexandrie) ou par un événement contextualisé — la prise de Jérusalem en 1099, celle de Constantinople en 1204 —, en veillant à l'équilibre entre contacts belliqueux et contacts pacifiques.
En seconde générale et technologique, le chapitre s'appelle « La Méditerranée médiévale : espace d'échanges et de conflits à la croisée de trois civilisations ». Deux points de passage et d'ouverture y sont obligatoires : « Bernard de Clairvaux et la deuxième croisade » et « Venise, grande puissance maritime et commerciale ». L'esprit du chapitre est résumé sans détour par le document d'accompagnement : « si l'idée de croisade est au cœur de la réflexion », les deux points de passage servent à montrer, « derrière l'échec religieux et militaire en Orient, le succès économique et technique des Latins en Méditerranée ».
En cinquième : ce qu'il faut retenir#
Un bon résumé des croisades au niveau du collège tient en six phrases. À la fin du XIe siècle, Jérusalem et le tombeau du Christ sont aux mains des musulmans, et les routes du pèlerinage sont devenues dangereuses. Le 27 novembre 1095, au concile de Clermont, le pape Urbain II appelle les chrétiens d'Occident à partir délivrer les Lieux saints et à secourir les chrétiens d'Orient. Ceux qui partent « prennent la croix » : ce sont des pèlerins armés, qui font un vœu et reçoivent une indulgence. Le 15 juillet 1099, ils prennent Jérusalem et fondent quatre États latins d'Orient. Ces États sont perdus peu à peu : Saladin reprend Jérusalem en 1187, et le dernier port franc, Acre, tombe en 1291. Entre-temps, la Méditerranée n'a jamais cessé d'être un lieu de commerce, de traductions et de voyages.
L'attendu de fin d'année n'est pas une liste : c'est de savoir raconter un événement en le situant, et d'expliquer ce que « contact » veut dire — Alexis Comnène recevant les chefs francs à Constantinople, Saladin et Richard Cœur de Lion échangeant des lettres, les marchands italiens installés à Acre.
En seconde : ce qu'il faut retenir#
Le niveau monte d'un cran : on ne raconte plus, on démontre. Les causes des croisades doivent être dites avec précision — le pèlerinage menacé, l'appel de l'empereur byzantin après la défaite de Manzikert (1071), la réforme de l'Église qui donne au pape l'autorité de prêcher, et le vœu individuel de chaque croisé, attesté par les chartes de départ.
Les deux points de passage donnent la matière du devoir. Bernard de Clairvaux, abbé cistercien, prêche la deuxième croisade à Vézelay le 31 mars 1146 devant le roi Louis VII ; l'expédition échoue devant Damas en 1148, et Bernard doit s'en expliquer publiquement : c'est le cas d'école du prestige spirituel confronté au réel militaire. Venise, elle, illustre l'autre versant : cité marchande, elle obtient des privilèges dans tous les ports d'Orient, transporte les croisés, et détourne la quatrième croisade sur Constantinople en 1204 — sac que le pape Innocent III condamna dans les termes les plus durs. La conclusion attendue est celle-là : l'échec en Orient a coïncidé avec la montée en puissance économique des Latins en Méditerranée.
Les dates et les mots à savoir#
Cinq dates des croisades suffisent à tenir un devoir : 1095, l'appel de Clermont ; 1099, la prise de Jérusalem et la naissance des États latins ; 1187, Hattin, après quoi Saladin reprend la Ville sainte ; 1204, le sac de Constantinople ; 1291, la chute d'Acre. Le tableau complet des expéditions est ici : chronologie complète des croisades ; la version à dix repères : les croisades en 10 dates.
Six mots doivent être définis sans hésiter. Croisade : expédition armée prêchée par le pape, accomplie sous vœu, vers les Lieux saints. Pèlerinage : voyage religieux vers un lieu saint — la croisade en est une forme armée. Indulgence : remise de la peine due pour les péchés, accordée au croisé. Lieux saints : les lieux de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ, au premier rang desquels le Saint-Sépulcre. États latins d'Orient : les quatre principautés fondées après 1098 — Édesse, Antioche, Tripoli, le royaume de Jérusalem. Djihad : notion musulmane de combat, dont le programme demande de noter la résurgence face aux Francs, chez Nour ad-Din puis Saladin.
Les nuances (et les pièges du contrôle)#
Quatre erreurs coûtent des points. Ne dites pas « les huit croisades » comme une donnée d'époque : la numérotation est une convention forgée par les érudits modernes ; aucun croisé ne savait qu'il partait pour « la troisième ». Voyez combien y a-t-il eu de croisades ? Ne réduisez pas le croisé à un cadet sans terre : une croisade coûtait à un chevalier plusieurs années de revenus, et la plupart sont revenus ruinés — ou ne sont pas revenus ; les chartes de départ disent qu'ils partaient pour le Sépulcre du Seigneur, et il n'y a pas de raison de ne pas les croire. Ne confondez pas contact et affrontement permanent : c'est précisément ce que le programme met en garde de faire ; trêves, traités, ambassades, commerce et traductions occupent plus de place que les batailles. Enfin, ne taisez pas les pages sombres, mais datez-les et sourcez-les : le massacre de Jérusalem en 1099, les violences de Rhénanie en 1096, le sac de Constantinople en 1204 se disent avec les chiffres des sources — et avec le fait, tout aussi historique, que des évêques ont protégé les Juifs en 1096 et qu'un pape a condamné 1204.
Sur les conséquences des croisades, la réponse honnête est double : sur la carte, rien ne survit après 1291 ; dans l'histoire, beaucoup — les ordres militaires, une architecture militaire achevée, un commerce méditerranéen réorganisé par Venise, Gênes et Pise, une littérature entière, et une fracture durable entre Rome et l'Orient chrétien. Le bilan complet, avec ses nuances, est développé dans quelles ont été les conséquences des croisades ?
Ce qui demeure#
Un programme scolaire est un cadre : il donne des dates, des notions et une problématique, et il a raison de le faire. Mais il ne peut pas tout dire, et il ne prétend pas le faire. Ce qu'un élève peut emporter au-delà du contrôle, c'est la question que ces hommes posent à quiconque les regarde de près : pourquoi des milliers de gens ont-ils vendu leur terre et marché trois ans vers un tombeau vide ? La réponse qu'ils donnaient eux-mêmes — pour le Christ, pour les Lieux saints, pour leurs frères d'Orient — est attestée par les documents et mérite d'être écoutée avant d'être jugée. Les pierres qu'ils ont laissées tiennent encore debout ; le tombeau qu'ils sont allés garder est toujours ouvert. C'est, en histoire, la meilleure des notes de bas de page.
Pour approfondir#
- Combien coûtait une croisade ? — un chiffre utile pour une copie : la croisade de Saint Louis a coûté six années de revenus royaux.
- Les croisades (1095-1291) : le guide complet — le fil entier, croisade après croisade.
- Les croisades résumées en 5 minutes — l'essentiel en une page, idéal pour réviser.
- Chronologie complète des croisades (1095-1291) — le tableau : dates, papes, chefs, objectif, issue.
- Les croisades en 10 dates — les dix journées à retenir et ce que chacune a changé.
- Combien y a-t-il eu de croisades ? — d'où vient le chiffre huit et ce qu'il laisse dehors.
- Pourquoi les croisades ? Les causes expliquées — Manzikert, l'appel d'Alexis, la réforme de l'Église, la paix de Dieu : la question classique du contrôle, traitée cause par cause.
- Pourquoi le Saint-Sépulcre comptait-il tant ? — le mobile que les manuels résument en une ligne.
- La deuxième croisade (1147-1149) — saint Bernard, Louis VII, Conrad III et l'échec devant Damas : le premier point de passage de seconde.
- La quatrième croisade (1202-1204) — Venise, Zara, Constantinople : le second.
- Quelles ont été les conséquences des croisades ? — Byzance, le commerce, les ordres, les mémoires : de quoi traiter la question de bilan.
Sources
Textes officiels. Programme d'histoire-géographie du cycle 4, BOEN n° 11 du 26 novembre 2015, thème 1 de la classe de cinquième · Ressource d'accompagnement Éduscol, « Chrétientés et islam (VIe-XIIIe siècles), des mondes en contact », mars 2016 · Programme d'histoire de la classe de seconde générale et technologique, en vigueur depuis la rentrée 2019, thème 1 · Ressource d'accompagnement Éduscol, « Le monde méditerranéen : empreintes de l'Antiquité et du Moyen Âge », septembre 2019. Les deux ressources sont consultables sur éduscol. Chroniqueurs. Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana, I, 1-4 (Clermont) · Eudes de Deuil, De profectione Ludovici VII in Orientem (deuxième croisade) · Bernard de Clairvaux, De consideratione, II, 1 (sa justification après 1148) · Geoffroi de Villehardouin, La Conquête de Constantinople (1204). Ouvrages de référence. Jean Richard, Histoire des croisades (Fayard, 1996) ; Jonathan Riley-Smith, Les Croisades (trad. fr. 1990) ; Jean Flori, Prêcher la croisade, XIe-XIIIe siècle (Perrin, 2012) ; Alain Demurger, Croisades et croisés au Moyen Âge (Flammarion, 2006).
Questions fréquentes#
En quelle classe étudie-t-on les croisades ?
Deux fois dans la scolarité française : en cinquième, dans le thème « Chrétientés et islam (VIe-XIIIe siècles), des mondes en contact », et en seconde générale et technologique, dans le chapitre « La Méditerranée médiévale : espace d'échanges et de conflits à la croisée de trois civilisations ».
Quelles dates faut-il retenir sur les croisades pour un contrôle ?
Cinq suffisent : 1095 (appel d'Urbain II à Clermont), 1099 (prise de Jérusalem et fondation des États latins), 1187 (Hattin, Saladin reprend Jérusalem), 1204 (sac de Constantinople par la quatrième croisade) et 1291 (chute d'Acre, fin de l'Orient latin).
Qu'attend-on exactement d'un élève de seconde sur les croisades ?
Deux points de passage et d'ouverture figurent au programme : « Bernard de Clairvaux et la deuxième croisade » et « Venise, grande puissance maritime et commerciale ». L'attendu est de montrer que la Méditerranée médiévale fut à la fois un espace de conflits et un espace d'échanges.
Les croisades tombent-elles au brevet ?
C'est possible, l'épreuve portant sur le programme du cycle 4, mais les sujets d'histoire du brevet sont en général tirés du programme de troisième. En cinquième, les croisades sont surtout évaluées en contrôle continu.